Thaïlande : référendum le 7-08-16 sur une Constitution très controversée

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Dirigée depuis plus de deux ans par la junte, la Thaïlande se prononce ce dimanche 7 août sur un projet de Constitution pour le moins décrié. Cette vingtième version de la loi fondamentale depuis 1932 a été entièrement rédigée par le pouvoir militaire. Pour la junte, le texte permettra de sortir de la crise politique qui gangrène le pays depuis une dizaine d’années. Les défenseurs des droits de l’homme estiment, quant à eux, qu’il marquera un grand pas en arrière pour la démocratie.

Avant même la consultation de ce dimanche, la junte a déjà envoyé des dizaines de personnes derrière les barreaux. Au moins 41 personnes ont été arrêtées pour avoir osé critiquer le texte ou avoir mené une campagne contre la nouvelle Constitution.

Dès la fin avril, les militaires avaient interdit tout débat et menaçaient de dix ans de prison quiconque s’opposait au projet. Parmi les personnes visées figurent de nombreux journalistes, militants et opposants. Dix-neuf leaders de l’opposition risquent d’ailleurs un an de prison pour avoir voulu mettre en place des groupes d’observateurs du référendum.contestataires de la nouvelle constitution 07-08-2016

Élections à nouveau reportées

La nouvelle loi fondamentale propose notamment un Premier ministre non élu, un Sénat entièrement nommé et un renforcement du pouvoir des tribunaux qui sont les bastions des élites traditionnelles.

Après avoir annoncé des élections générales à deux reprises, l’ancien chef de la junte et actuel Premier ministre, le général Prayut, a de nouveau repoussé le scrutin à juillet 2017. S’il est approuvé, le projet de Constitution risque de porter un nouveau coup sévère à la démocratie et pourrait provoquer une instabilité politique et des violences. S’il est rejeté, la junte a d’ores et déjà promis de rédiger un nouveau texte.

Irrégularités

L’organisation du référendum a été marquée par de nombreuses irrégularités, des arrestations, des harcèlements et de la censure, explique Andrea Giorgetta, le responsable du bureau Asie du Sud-Est de la FIDH, la Fédération internationale des droits de l’homme.

« Les observateurs indépendants ont été bannis et on a interdit aux citoyens thaïlandais d’observer le référendum, assure-t-il. Nous savons que plusieurs gouvernements étrangers ont pu assister à une visite guidée de trois jours dans les bureaux de vote organisée par la junte. Mais ce n’est évidemment pas suffisant et cela ne garantit pas la transparence et n’empêche pas la fraude électorale. »

Andrea Giorgetta dénonce également « une disposition qui interdit toute publication de sondage une semaine avant la tenue du référendum ». Pour le militant des droits de l’homme, « c’est une restriction de plus, jamais constatée par le passé ». Des éléments qui prouvent selon la FIDH que « le processus tout entier a été étroitement contrôlé et qu’il manque de crédibilité, car la population n’a clairement pas eu son mot à dire ».

source : RFI

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