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Thaïlande: l’adoption d’une nouvelle Constitution est un «retour en arrière» pour Shinawatra

Yingluck Shinawatra, dernière Première ministre démocratiquement élue de Thaïlande, a déploré lundi l’adoption d’une nouvelle Constitution comme un «retour en arrière» pour son pays.

«Je suis attristée de voir que notre pays fait un retour en arrière, vers une Constitution non-démocratique», a réagi celle dont le gouvernement a été renversé par un coup d’État militaire en 2014.

Mais «j’accepte la décision du peuple», a-t-elle ajouté, dans un premier commentaire, sur les réseaux sociaux. Sans appeler ses partisans, les Chemises rouges, à manifester.

Les Thaïlandais ont adopté dimanche une nouvelle Constitution très controversée, qui permettra à la junte au pouvoir de contrôler la scène politique, même après le retour à des élections, promises en 2017.

Selon les derniers résultats préliminaires, plus de 60% des votants se sont exprimés en faveur de la nouvelle Constitution. Moins de 40% l’ont rejetée.

Même dans le nord-est du pays, qui vote traditionnellement en faveur des Shinawatra, le «non» à la Constitution n’a pas été massif, de l’ordre de 51%.

En l’absence de débat de fond, avec une interdiction de critiquer publiquement le projet de Constitution sous peine de prison, d’autres responsables de l’opposition ont moins pris de gants que l’ex-Première ministre et dénoncé un référendum digne d’une «dictature».

Aucun n’a cependant appelé à descendre dans la rue pour contester le référendum.

Le principal élément polémique du texte est que le Sénat ne sera plus élu mais nommé. Cela implique que, même après le retour des élections, le Parlement se retrouvera sous la coupe d’une chambre haute que les généraux continueront de contrôler.

Le but des militaires est de modifier en profondeur le système politique, afin d’empêcher durablement le retour aux manettes de l’opposition, incarnée par l’ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra et sa soeur Yingluck.

Jusqu’ici, les militaires avaient principalement eu recours aux coups d’Etat, dès 2006 pour Thaksin. Mais les Shinawatra étaient toujours revenus au pouvoir sitôt des élections organisées.

Source : Libération

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