Thaïlande : la junte prolonge la loi martiale

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Les élections législatives en Thaïlande, qui devaient avoir lieu l’an prochain, ont été repoussées à 2016, a dit jeudi le vice-Premier ministre et ministre de la Défense du gouvernement militaire au pouvoir depuis le coup d’État de mai dernier.

Selon Prawit Wongsuwan, des éléments hostiles à la junte, qui s’est auto-baptisée Conseil national pour la paix et l’ordre, sont l’une des raisons justifiant ce report. “Nous serons en mesure d’organiser des élections aux alentours du début de l’année 2016 une fois que la Constitution aura été ébauchée”, a déclaré le vice-Premier ministre à des journalistes. “Pour l’instant, il y a des éléments opposés au Conseil national pour la paix et l’ordre.” “Nous ne demandons pas grand chose. Juste un an pour résoudre les problèmes passés”, a ajouté Prawit Wongsuwan.

Le chef du gouvernement, Prayuth Chan-ocha, avait déjà laissé entendre que les élections ne se tiendraient pas comme prévu à la fin 2015. La semaine dernière, la junte a également annoncé que la loi martiale ne serait pas levée dans un proche avenir, contrairement aux promesses initiales de la lever dans certaines provinces pour favoriser une reprise du tourisme.

L’armée a justifié son coup d’Etat du 22 mai par la nécessité de rétablir l’ordre après six mois de violentes manifestations des “chemises jaunes” royalistes qui ont eu raison de la chef du gouvernement Yingluck Shinawatra, arrivée au pouvoir par les urnes.

Ce putsch est un nouvel épisode dans la crise que connaît le pays depuis une décennie et qui oppose d’une part les “chemises rouges”, partisans de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, frère de Yingluck renversé par l’armée en 2006, et d’autre part la classe dirigeante royaliste.

Selon l’organisation Human Rights Watch, la Thaïlande “semble être tombée dans un puits sans fonds”. “Six mois après le coup d’Etat, les critiques font systématiquement l’objet de poursuites, toute activité politique est interdite, les médias sont censurés et les dissidents jugés par des tribunaux militaires”, écrivait cette semaine HRW dans un rapport.

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