Religions et croyances au Vietnam

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Religions et croyances au Vietnam

35 photos – Pour rappel le Vietnam est un pays communiste. Toutes les religions y sont pratiquées :

Bouddhisme

assorti d’animisme comme dans chaque pays d’Asie qui a son bouddhisme spécifique

Catholicisme

apport de la France

Culte des ancêtres

Musulman

ou Islam, malheureusement on ne peut plus dire Islamisme qui a pris un sens différent

Caodaïsme

religion qui additionne les croyances de diverses religions et qui fut un soutien très important dans le Sud du Vietnam pour ceux qui soutenaient les Américains contre le Nord

je vous montre là un petit assortiment de lieux de cultes.

Rigorisme social en régime militaire thaï

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Rigorisme social en régime militaire thaï

En Thaïlande, le régime militaire favorise une culture de rigorisme social. Celle-ci affecte tant le domaine du religieux que la consommation d’alcool ou même le domaine sexuel. Les incidents se sont multipliés ces derniers mois, allant du cocasse au ridicule.

Dans la ville de Samut Prakarn, près de Bangkok, la police a arrêté un quinquagénaire thaïlandais, qui avait l’étrange manie de voler des petites culottes et des soutiens gorges mis à sécher sur des fils à linge. Il en avait une belle collection, 4 000 en tout ! Les policiers l’ont exhibé devant la presse, entourée de ses piles de lingerie féminine. L’anecdote peut faire sourire, mais elle est assez caractéristique d’une sorte de conservatisme social, de rigorisme, qui s’affirme de plus en plus sous la junte militaire qui a pris le pouvoir en 2014.

Plus de censure sur les films

D’autres incidents de ce genre ont eu lieu. Un haut fonctionnaire zélé a dépoussiéré une vieille loi thaïlandaise interdisant de mélanger des alcools pour faire des cocktails. Et ces derniers jours, ce bureaucrate a lancé des raids avec des policiers sur des échoppes ambulantes vendant des mojitos ou des Singapore Sling dans des parcs urbains. Dans le même ordre d’idées, il y a une campagne très active de la part de moines bouddhistes et de laïques pour faire du bouddhisme la religion d’Etat. Certains disent que c’est une très mauvaise idée, car cela renforcerait le caractère nationaliste du bouddhisme thaïlandais et mettrait mal à l’aise les Thaïlandais musulmans et chrétiens. La censure sur les films de cinéma se fait plus forte. Par exemple, le réalisateur d’un film récent montrant la conduite peu orthodoxe de certains moines bouddhistes a été forcé de couper un tiers du film pour que celui-ci soit autorisé à être projeté en salle.

Retrouver la Thaïlande d’antan

Des sociologues thaïlandais disent que cela reflète le désarroi d’une partie de la société thaïlandaise, une partie conservatrice, devant les changements économiques, sociaux, culturels et politiques qui bouleversent le pays. Ces gens sont angoissés devant l’avenir incertain et s’accrochent à ce qu’ils connaissent, comme à une bouée de sauvetage. Ils veulent en quelque sorte « geler » le pays, ou même, si possible, le faire revenir dans le passé.

Les militaires ont pris le pouvoir pour mettre en place un système politique similaire à celui qui existait dans les années 1980, avec un Premier ministre non élu. Les militaires et les bureaucrates sentent que l’évolution politique et sociale du pays risque de réduire leurs privilèges. Ils essaient donc de s’opposer au changement, notamment en diluant le pouvoir des politiciens élus. Le chef de la junte, le général Prayuth Chan-ocha, a même menacé d’isoler le pays du monde extérieur. Leur souhait est de revenir plusieurs décennies en arrière, pour retrouver une Thaïlande d’antan où leur pouvoir n’était pas remis en question. Et cette attitude politique fournit un contexte qui favorise la résurgence du conservatisme social.

Source : RFI Du correspondant en Thaïlande,

Thaïlande : quand l’armée au pouvoir se mêle de religion

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Thaïlande : quand l’armée au pouvoir se mêle de religion

Le bonze Somdet Phra Maha Ratchamangalacharn, surnommé Somdet Chuang et âgé de 90 ans, a été « élu » par le Conseil suprême du Sangha, composé de 20 moines, pour prendre la tête de l’église bouddhique thaïlandaise. La tradition veut que le titre de leader religieux échoie au plus ancien titulaire du titre le plus élevé ; soit, en l’occurrence, le moine ayant depuis le plus longtemps le titre de Somdet Phra Racha Khana. Seulement, d’après la loi, ce nom doit être soumis au chef du gouvernement, lequel est ensuite chargé d’obtenir l’approbation du roi. Le général Prayuth Chan-ocha au pouvoir a cependant préféré reporter la nomination, prétextant une enquête fiscale à l’encontre du nouveau Patriarche. Personne, toutefois, n’est dupe : il s’agit bien d’une manœuvre politique pour jouer la montre.

Le clan Shinawatra directement visé par la junte militaire

Ce refus – déguisé – illustre parfaitement le contrôle encore vivace sur la vie thaïlandaise de la junte militaire, qui a vu dans cette nomination une menace potentielle pour sa mainmise politique. La méfiance de l’armée s’explique notamment par les divergences idéologiques entre ses acteurs et le moine – réputé proche de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra –, qui propose une vision progressiste de la religion, et entend moderniser l’administration quasi-féodale du bouddhisme thaïlandais. Cela remet en question certaines valeurs traditionnelles du pays qui servent au gouvernement de prétexte pour exercer un pouvoir autoritaire, et museler la jeunesse, dont les manifestations se sont multipliées au fil des années – on se souvient notamment de l’appropriation du signe de protestation des films Hunger Games pour pouvoir contourner la censure, et la vague d’arrestations qui avait suivi.

Cet événement reflète les divisions politiques entre les partisans du changement social et politique (les Chemises rouges), et les royalistes conservateurs partisans du statu quo des classes les plus aisées (les Chemises Jaunes). Depuis 2001, toutes les consultations se sont soldées par une victoire des partis créés par l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra (l’un qu’il a lui-même dirigé, l’autre dirigé par sa sœur, alors qu’il assurait encore une large partie du pouvoir depuis son exil). La politique menée par ce dernier se caractérisait par un souhait de moderniser la société thaïlandaise ; il pratiquait un capitalisme distributif, visant à élever le niveau de vie des paysans en mettant sur pied de généreuses subventions à la culture du riz et un programme de protections sociales. Ces mesures ont déplu aux apparatchiks du pays, qui ont choisi de le renverser – ainsi que sa sœur lorsqu’elle a pris sa succession.

Une junte militaire acculée

Car les cercles dirigeants, proches de l’armée thaïlandaises, sont loin d’être des démocrates convaincus. Selon eux, ce n’est pas le mandat populaire qui doit porter le pouvoir, mais le respect d’un certain nombre de valeurs traditionnelles. Ils se servent donc systématiquement de l’armée comme d’un moyen de court-circuiter le système démocratique dès que leur vision du pouvoir est remise question. Le dernier exemple de ce procédé est le coup d’Etat de mai 2014.

La mini-crise qui secoue aujourd’hui la Thaïlande pourrait avoir un effet totalement inverse, pour la junte au pouvoir, que celui recherché, et précipiter, à terme, un retour en grâce du clan Shinawatra. Car le dilemme est simple : soit le gouvernement respecte la règle bouddhique et laisse Somdet Chuang devenir chef du clergé, soit il maintient sa position – et persiste dans l’illégalité. Il risque, dans le premier cas, de provoquer la colère de la frange la plus remontée de la classe dirigeante qui l’a soutenu après le coup d’Etat de 2014, et dans le second cas, de se mettre à dos une partie de la population – à 90 % bouddhiste. Quoi qu’il fasse, cette affaire risque donc d’écorner quelque peu le gouvernement. Qui a choisi de retenir une solution (l’enquête fiscale) particulièrement pernicieuse : en faisant traîner le dossier, la junte militaire espère en réalité que le moine de 90 ans.

Source : blog Mediapart

Angkor Thom : Le Bayon 50 tours à 4 visages

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Angkor Thom : Le Bayon 50 tours à 4 visages

11 photos – À moins d’un siècle de distance, le Bayon est l’antipode d’Angkor Vat : sa masse centrale est ramassée, dans une inextricable confusion de blocs amoncelés. De partout on peut voir ses cinquante tours à quatre visages.

Le Bayon est la traduction dans le monde des formes des spéculations d’âme d’un grand mystique, le roi bouddhiste Jayavarman VII. Les quatre visages de chaque tour regardant aux points cardinaux sont, tant qu’images du bodhisattva Lokeçvara, le signe de l’omniprésence. Leur multiplication devient la marque de la puissance du dieu roi s’étendant à l’ensemble du pays.

Par ailleurs, les tours à visages étaient des sanctuaires : de courtes description gravées sur les piédroits le prouvent, mentionnant un nombre imposant de divinités, tant brahamaniques que bouddhiques.

Deux galeries

Il est le seul temple qui possède deux galeries concentriques sculptées de bas-reliefs. Leur facture est assez frustre et souvent naïve, les bas-reliefs de ce temple, moins stylisées que ceux d’Angkor Vat, sont une source de documentation remarquable par le soin apporté à la représentation des moindres détails et les qualités d’observation dont ils témoignent : c’est à peu près la seule dont nous disposions pour nous faire une idée des mœurs et des conditions de vie de l’ancien Cambodge. Ils sont de type à registre superposés, le registre inférieur représentant pour le Khmers ignorants de lois de la perspective le premier plan, et le registre supérieur l’horizon.

Gopura

Quatre gopuras. Un gopura est une entrée dans les galeries successives. Celui par lequel on arrive par la terrasse orientale, est cruciforme, il fait partie de la troisième enceinte au milieu des piliers du gopura de troisième enceinte.

 

Pourquoi le monde laisse t-il mourir les Rohingyas ?

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Pourquoi le monde laisse t-il mourir les Rohingyas ?

Ce vendredi, le « Sommet spécial sur la migration illégale dans l’océan Indien » s’est tenu à Bangkok, avec des représentants de 17 pays impliqués dans le processus de Bali sur la traite des êtres humains, des ONG, des observateurs (Japon, Suisse, USA). Une occasion de se frotter au cirque médiatique du hard news en Asie et de se faire une idée sur ce genre de rencontres internationales qui ponctuent l’actualité. Aussi, je voulais savoir s’il y avait une chance que le sort des Rohingyas s’améliore grâce à ce focus, après avoir visité Ranong, une des plaques tournantes du trafic de migrants dans le golfe de Thaïlande il y a quelques mois. La réponse est non, car tant qu’ils ne sont pas reconnus comme êtres humains avec des droits, rien ne changera.

J’arrive vers 15h30 à l’hôtel de luxe Anantara Siam, au coeur de Bangkok, ayant fait l’impasse sur le discours d’ouverture du ministre des Affaires étrangères le matin, plein d’expressions vaguement humanistes, disponible via ce lien (en anglais). Le message principal est qu’il faut se “partager le fardeau“. Environ 400 journalistes dont 100 caméras sont massés dans les salons du palace, par terre, dans les canapés, affairés à écrire leur histoire d’avance où il n’y aura plus qu’à remplir les blancs avec la petite phrase du Birman intransigeant, de l’Américain volontariste ou du Thaï placide, qui deviendra le titre de tous les articles du monde dans quelques heures grâce au pouvoir des agences de presse. La rencontre a lieu à huis-clos et il faut attendre la conférence de presse en fin d’après-midi pour boucler la journée. Je discute avec Phil Robertson, d’Human Rights Watch, machine médiatique. Tous les journalistes le connaissent et l’interviewent constamment sur les problématiques humanitaires d’Asie du Sud-Est car il sait tout et parle vrai. C’est lui qui a inventé l’expression “ping-pong humain” pour parler des bateaux de migrants rohingyas et bengalis que personne ne veut laisser débarquer sur son sol. Son organisation n’a pas été conviée à la discussion, les seules ONG représentées sont l’UNHCR (Haut-commissariat pour les réfugiés des Nations unies), l’UNODC (Agence des Nations unies de lutte contre les drogues et le crime) et l’OIM (Organisation internationale des migrations). Human Rights Watch n’étant pas en odeur de sainteté en Thaïlande à cause de leurs rapports sans concession, leur site internet est régulièrement bloqué par le gouvernement. Nous discutons les raisons qui font que personne dans la région n’est franchement disposé à aider ces migrants :

  • La Thaïlande est régie depuis un an par une junte militaire, arrivée au pouvoir il y a un an après le coup d’Etat perpétré par le général Prayuth Chan-o-Cha (Chroniques), et le pays ne jouit ni de Constitution, ni de droits civiques, ni de justice civile. Le Général, qui jouit lui de tous les pouvoirs, répète qu’il ne veut pas être au pouvoir et fait tout pour préparer sa sortie. La perspective d’élections recule toutes les semaines, la dernière annonce les place en septembre 2016. Dans ce contexte, un gouvernement qui se proclame haut et fort intérimaire ne ressent aucune envie ni responsabilité de s’engager sur ce champ, social, politique, humanitaire, aux conséquences à court, moyen et long terme.
  • Depuis les années 1970, la Thaïlande a été un pays d’accueil pour des centaines de milliers de réfugiés fuyant la crise indochinoise. Plus de 120 000 personnes issues des minorités ethniques ou de l’opposition politique, qui ont fui la Birmanie dans les années 90 lors du tournant nationaliste du pays aux mille pagodes, vivent toujours dans ces camps le long de la frontière (en bas de page). Une situation stagnante, mélange de misère, d’économie informelle, de blocage administratif, sévit dans ces camps depuis plus de 20 ans. Un schéma que la Thaïlande est peu pressée de répéter dans le sud avec les Rohingyas et les Bengalis.
  • La plus taboue des raisons est sûrement que des communautés entières et nombre d’officiels haut-placés en Birmanie, Bangladesh, Thaïlande, Malaisie tirent un profit phénoménal du trafic humain, comme l’a révélé Jonathan Head dans une enquête de la BBC qui part sur les traces de ce business, du port à la jungle. Un journaliste d’investigation bengali originaire de Cox Bazar, une des principales sources de l’exode, me confie : “Les circuits du trafic humain au Bangladesh sont les mêmes que ceux de la drogue -le yaba-, et les armes. Alors il faudrait faire tomber tout ça mais personne ne va mettre ses mains là-dedans.” Les arrestations médiatisées se multiplient à Ranong, ainsi que la découverte de camps mouroirs dans la jungle, où les trafiquants thaïs et malays enferment et torturent les migrants débarqués des bateaux pour faire payer une rançon de 2000 à 3000 $ aux familles au pays. Le même système dont sont victimes les Erythréens dans le désert libyen sur le chemin vers l’Europe, qui meurent fouettés dans des cases quand leurs proches ne peuvent pas payer.
  • Dernière raison, les Rohingyas sont musulmans et dans ce pays bouddhiste jusqu’à la moelle, à 94%, ils ne suscitent que peu de compassion. Surtout à cause du sentiment d’insécurité dû à l’insurrection qui fait rage dans le sud profond à la frontière malaisienne, depuis des années, invisible, brutale, entre l’armée et une guérilla musulmane muselée et massacrée. Au plus fort de la crise des boat people, les violentes réactions et la désinformation sur les réseaux sociaux sont incroyables. Un éditorialiste thaï se dit effrayé et triste par le manque de cœur de ses pairs dans une chronique largement partagée. En Birmanie, les Musulmans sont également soupçonnés d’être de potentiels terroristes, dans une armée qui n’existe pas (enquête The Intercept).
  • Aung San Suu Kyi reste muette, s’étant même attirée une remarque du dalaï-lama qui pense qu’il faudrait peut-être dire, et pourquoi pas faire, quelque chose à un moment. Les Rohingyas sont considérés comme la minorité la plus persécutée au monde par l’ONU et toujours aucune réaction de la part du Prix Nobel de la Paix sur le traitement qui leur est réservé dans l’Etat de Rakhine (reportage en Birmanie). Peut-être après les élections, prévues en novembre ?
  • Le Bangladesh prévoit tout simplement de déplacer tous les Rohingyas qui vivent actuellement dans des camps le long de la frontière birmane sur une île dans la baie du Bengale, Hatiya Island. Il y a quelques jours, Sheikh Hasina, la Première ministre a qualifié les Rohingyas de “malades mentaux” dans une intervention publique. En 2012, elle a déclaré à Al-Jazeera qu’ils n’étaient “pas de sa responsabilité” et que le Bangladesh était déjà “un pays surpeuplé“.

Le contexte étant posé, revenons-en au sommet, qui se finit avec une heure de retard “à cause d’un problème de photocopies de documents“, à savoir le résumé des décisions de la journée. Je ne trouve pas le stand censé distribuer les accréditations presse, aucun officiel dans les couloirs, le personnel de l’hôtel ne sait pas. Je demande à un groupe de jeunes journalistes thaïs, ils me tendent sans hésiter le badge d’un de leurs collègues, un simple bout de papier où est inscrit “Presse” en anglais et en thaï : “On en a eu trop, pas de souci“. La rédactrice TV, une jeune fille musulmane originaire de Bangkok, porte un voile blanc à dentelles. Elle me demande ce que je pense de la situation et de la haine de l’islam, je lui dis que ce n’est pas propre à l’Asie car ce que j’ai entendu en Thaïlande, je l’ai entendu dans la bouche de Grecs, Français ou Allemands à propos des migrants maghrébins et sub-sahariens en dérive dans la Méditerranée. Je l’ai entendu au bar mais aussi à des tribunes politiques car après tout, la religion n’est qu’un prétexte accepté dans un monde qui recrache ses pauvres hères ayant le malheur de cumuler indigence et peau trop sombre.

Peuple Rohingya Déplacé État De Rakhine
Peuple Rohingya Déplacé État De Rakhine

Ne pas froisser les Birmans

Toute la journée, les participants ont bien veillé à ne pas prononcer le mot Rohingya pour ne pas froisser les Birmans, pour qui c’était une condition de leur participation. Ce peuple, 1,3 million de personnes, n’est pas reconnu officiellement et n’a aucun droit. Le matin ils ont déjà été échaudés par la remarque de Volker Türk (UNHCR) qui a mis sur la table subtilement la question de la citoyenneté. U Htein Lin, chef de la délégation birmane, a rétorqué : “Nous pointer du doigt ne mène nulle part. Vous devriez être mieux informés à l’ONU”. Ambiance.

Après le sommet, place à la conférence pour les journalistes, menée par deux interlocuteurs l’un après l’autre. Norachit Sinhaseni, secrétaire permanent auprès du ministre des Affaires étrangères de Thaïlande, répond aux questions de façon laconique : “Comment pouvez-vous nous convaincre que ce meeting n’était pas seulement cosmétique, au vu du peu de résultats ?” – “Je n’ai pas à vous convaincre de quoi que ce soit, un meeting n’est pas un miracle” / “Combien de migrants sont toujours en mer ?” ” Nous ne savons pas exactement, c’est difficile de faire la différence entre les bateaux de pêche et ces embarcations qui transportent des gens” / “Les Birmans sont-ils d’accord avec les conclusions du sommet ?” – “Ils ont signé le papier”… Il ne faut pas oublier que nous sommes dans une région dirigée par des régimes autoritaires et que c’est déjà considéré comme une bonne chose que ces gens se soient réunis et encombrés d’un compte-rendu à la presse. Comme le souligne l’ONU, qui salue poliment “un début positif“. Puis Anne Richard, pour la délégation américaine, prend le relais. Elle a l’air d’avoir pris les choses en main et se risque pour la première fois de la journée à prononcer le mot “Rohingyas” en répondant à une question. Elle dit aussi “Les migrants ne devraient pas être pris pour des criminels et devraient être autorisés à se déplacer légalement”.

Américains et États-Unis

Les Américains sont désormais autorisés à utiliser les bases aériennes thaïes, ce qui était sujet à controverse pour une question de souveraineté et d’ingérence, ainsi que l’aéroport de Subang en Malaisie, pour lancer des opérations de recherche par air et en mer. Les Thaïs annoncent mettre en place des plate-formes flottantes et campent sur leurs positions : de l’aide d’urgence en pleine mer (nourriture, eau, gasoil) mais plus de débarquement sur ses côtes, même si les migrants ne veulent plus continuer le voyage au vu des conditions. La Malaisie et l’Indonésie acceptent d’accueillir quelques milliers de migrants sur leur territoire pendant un an, en plus des 3000 déjà débarqués lorsque la Thaïlande a brutalement changé sa politique il y a quelques semaines. Le pays a alors repoussé tout bateau porteur d’humains trafiqués, après le scandale de la découverte des camps mouroirs dans la jungle du sud.

Les États-Unis annoncent un don de 3 M US $ à l’OIM, sur les 26 M US $ requis pour gérer la crise ainsi qu’un projet de relocalisation permanente de milliers de Rohingyas sur son territoire, rappelant qu’ils accueillent plus de réfugiés tous les ans que tous les pays réunis (70 000 environ). Mais pour ça, il faut que les agences internationales aient accès à ces migrants, qui doivent vivre dans des conditions décentes, pour pouvoir faire le “tri” entre réfugiés économiques, demandeurs d’asile, réfugiés politiques, etc. Souvent un réfugié économique, qui a traversé la frontière illégalement de son plein gré devient une victime de trafic humain lorsqu’il est kidnappé et doit verser une rançon sous peine de disparaître dans une fosse commune de la jungle tropicale. Pour démêler ces destins, les autorités doivent collaborer honnêtement avec les partenaires humanitaires mais le dialogue est encore difficile, la plupart de ces pays n’ayant pas signé la Convention relative au statut de réfugié. Surtout, la confusion est largement entretenue car la communauté internationale a bien plus de devoirs envers un réfugié politique qu’un réfugié économique. Il est plus commode d’étiqueter tout le monde “pauvre migrant à la recherche d’un travail” que “personne en danger de mort à cause de son origine” car sinon il faudra commencer à avoir des discussions diplomatiques sérieuses dont personne ne veut. Un processus de relocalisation est une solution à long-terme qui prend au moins un an, mais pour l’heure il faut mener activement des recherches. Phil Robertson réagit dans le Los Angeles Times : “Le problème, c’est qu’en cherchant, on trouve et ces pays veulent bien participer mais préfèrent que ce soit le voisin qui trouve les bateaux plein de migrants car c’est lui qui en sera responsable. C’est comme une chasse aux oeufs de Pâques où personne n’a envie de trouver les œufs”. 

Le fossé entre ce qu’attend l’opinion publique “éclairée”, les victimes, les médias, et le peu de réponses apportées est gigantesque face à ce nouveau drame de boat people. Les opérations de secours se mènent à reculons, après une grosse pression internationale et à part l’Australie qui a annoncé verser quelques millions de dollars à l’État de Rakhine en Birmanie et Cox Bazar au Bangladesh, personne n’a vraiment voulu se pencher trop près sur “les causes de l’exode“. Il faut sauver ces milliers de gens, coincés en mer, emprisonnés dans la jungle, Rohingyas, Bengalis, maintenant. Puis mettre au point des circuits de migration qui ne les condamnent pas inévitablement à l’exploitation et la misère, en faisant tomber des têtes et des réseaux. Enfin rendre leur contrée d’origine plus supportable, politiquement, culturellement, économiquement pour éviter que ces dizaines de milliers de personnes se jettent faute de mieux sur l’infernale route de l’exode.
Toutes ces mesures sont inscrites noir sur blanc dans les conclusions du sommet mais au vu de la réalité des négociations, qui va vraiment vérifier qu’elles soient vraiment appliquées par quiconque, une fois les lumières du show éteintes ?

Pour aller plus loin :

Témoignages de migrants rohingyas recueillis par Human Rights Watch

Le communiqué d’Amnesty International avant le sommet qui appelle à une action immédiate.

Un reportage du Time auprès de Rohingyas réfugiés au Népal, qui préfèrent rester dans un pays violemment fragilisé par le séisme du 25 avril plutôt que rester en Birmanie.

“Nous les innommables – Un tabou birman” : Le livre de la journaliste Sophie Ansel, spécialiste du sujet.

Paru sur Mediapart

Temple Phan Tao à Chiang Mai

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Temple Phan Tao

14 photos – Ce temple Phan Tao a une particularité il est en bois, et ses chedis (stupas en Inde) sont en bambous. Ce sont comme des symboles de modestie, rien qui veuille en jeter plein la vue comme on voit ordinairement dans les temples couverts d’or. Ici c’est le symbole de ce qu’est d’abord une religion : une retenue.

Malgré tout l’autel est rehaussé par un bouddha recouvert d’or, et l’intérieur est assez semblable aux autres temples avec des colonnes elles aussi décorées d’or.

Style Khmer

L’entrée principale extérieure est d’un style Khmer, comme ce que l’on trouve à Angkor, tradition reprise sous différentes formes dans les temples thaïlandais. Il faut savoir que les Siamois ont fait partis de l’ensemble Khmer, et même s’ils en refusent l’origine, ils gardent cette influence, que dans certains musées de Thaïlande ils revendiquent comme étant de leur fait : ce seraient eux, Siamois, les créateurs et protagonistes d’Angkor. D’où les contestations incessantes de frontières de la part de la Thaïlande avec le Cambodge (Thaïlande qui de plus cacha les meurtriers et coupables de crimes contre l’humanité au Cambodge).

École de moines

Ce temple contient, comme beaucoup de temples en Thaïlande une école de moines bouddhistes, ici on peut les voir jouant gaiment.

Vers le fond du terrain du temple on remarque, au-delà d’un ruisseau, une partie garnie de fleurs où trône un bouddha couvert d’or.

Et sur un côté caché un bouddha couvert de rouge ayant une figure non commune.

Voici la galerie photos

Autels du temple Chiang Man à Chiang Mai

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Autels du temple Chiang Man

7 photos – Les temples de Chiang mai sont en général dans des espaces où sont rassemblés plusieurs temples. Chacun de ces temples a des autels devant lesquels les pratiquants viennent se recueillir, prier, comme dans d’autres religions. Sur chacun de ces autels des représentations de Bouddha, chacun avec ses caractéristiques, son histoire ,qui les font réputer par les pratiquants qui vénèrent plus l’un qu’un autre. L’âge de ces bouddhas n’est pas le même que le temple qui le contient. Le temple peut avoir été construit récemment pour rendre hommage à telle ou telle autre représentation de Bouddha. Ils sont en bronze, ou recouvert d’or.

bouddhisme Theravâda

Le bouddhisme pratiqué en Thaïlande est le bouddhisme theravâda. Ce bouddhisme est dominant en Asie du Sud, sauf au Viet-Nâm où c’est plutôt la pratique traditionnelle d’inspiration chinoise.

La doctrine du theravâda explique comment accéder soi-même à la délivrance en devenant un arahant (personne délivrée parce qu’elle a suivi la voie enseignée par le Bouddha sans bénéficier de l’omniscience), un bodhisattva (personne qui cherche absolument à devenir un bouddha pour enseigner en pratiquant les vertus dites pāramita) ou un sambuddha (« bouddha parfait », personne qui, possédant une compréhension parfaite des enseignements du Bouddha, accède à l’éveil et peut enseigner).

Elle rejette catégoriquement l’idée d’un dieu créateur et tout puissant, ainsi que l’idée d’un salut obtenu par la seule dévotion et le culte des reliques. En effet d’après le canon pāli, le Bouddha aurait dit : « On est son propre refuge, qui d’autre pourrait être le refuge » (Dhammapada, XII, 4). Cela signifie qu’on ne peut attendre de personne l’obtention de l’illumination, il faut chercher en soi-même la vérité et pour atteindre ce but suivre le Noble Chemin Octuple.

Les tours qui sont derrière le bouddha, faisant partie de l’autel, sont inspirées par la tradition Khmer d’Angkor qui a commencé au VIIIè, d’inspiration Hindou. Mais il ne faut pas trop leur dire car ils n’en reconnaissent pas officiellement la paternité.