Thaïlande 4ème pays plus faible taux chômage

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Les sites web en ligne ont classé la Thaïlande parmi les pays ayant le moins de chômage, rapporte le ministère du Travail.

BANGKOK, le 25 juin 2018 (NNT) –

Le directeur général du Département de l’emploi, Anurak Tossara, a déclaré aujourd’hui que les autorités cherchaient une solution au problème du chômage des étudiants nouvellement diplômés.

Il a dit qu’une étude récente par Trading Economics.com et Index mundi.com sur le statut d’emploi global, a classé la Thaïlande au 4ème rang parmi les pays avec le moins de chômage. L’enquête a examiné la situation de l’emploi dans 215 pays. En mars 2018, 1,2% des 66,2 millions d’habitants de la Thaïlande sont actuellement au chômage.

Il a également noté que selon le rapport de l’Office national de la statistique, un total de 170 900 nouveaux étudiants seraient au chômage. Le ministre du Travail Pol Gen Adul Saengsingkaew a convoqué une réunion des agences gouvernementales et du secteur privé pour trouver une solution à ce problème.

Le ministère du Travail offrira une aide à la recherche d’emploi grâce aux services du Smart Job Center, des bureaux locaux de l’emploi, des unités mobiles et des services en ligne sur www.doe.go.th/smartjob et l’application pour Smartphone du Centre pour l’emploi intelligent.

diplômés sans emploi
diplômés sans emploi

Le chef du DOE a ajouté que le taux de chômage est influencé par des facteurs tels que l’enseignement supérieur dans des domaines qui ne sont pas actuellement demandés sur le marché du travail ou par des décisions personnelles de prolonger la recherche d’emploi. sur les affaires de leur famille.

Le DOE sera également en contact avec les entreprises qui cherchent des employés avec un baccalauréat et la création d’une liste de postes vacants pour aider les diplômés sans emploi. Il offrira également des séances d’orientation aux étudiants avant leur entrée à l’université, leur fournissant ainsi une perspective précise sur le marché du travail actuel.

Source : https://www.thaivisa.com/forum/topic/1044699-thailand-ranked-4th-lowest-in-unemployment/

Sortie en France d’un film thaïlandais : POP AYE

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Synopsis

Un architecte désenchanté voit le centre commercial qu’il avait construit 30 ans auparavant remplacé par un projet réalisé par les jeunes architectes de son agence. Ne trouvant pas de réconfort auprès de son épouse, il erre dans les rues de Bangkok et fait la rencontre fortuite de Pop Aye, un éléphant qui fut jadis son ami d’enfance. Il se lance alors dans un long voyage à travers la Thaïlande pour raccompagner l’éléphant dans la ferme où ils grandirent ensemble.

Critique de Thaï Visa de Pop Aye

Dès les premières scènes, et tandis que se multiplient les plans d’ensemble, l’intention principale de la réalisatrice est posée : celui de dépeindre une Thaïlande rurale et exotique défigurée par sa propre industrialisation, depuis des installations électriques saillantes jusqu’à une déforestation massive au profit de constructions architecturales disgracieuses. Symbole de cet entre-deux, le duo que forment Thana et son éléphant Popeye fuit la capitale pour retourner vers la campagne profonde. Si le pachyderme est une parfaite incarnation de la nature, le rapport qu’entretient son propriétaire avec la ville n’apparaît pas comme une évidence avant le dialogue qui viendra conclure le film. De la même façon, les origines de son lien avec son imposant animal de compagnie ne seront disséminées que lors de flashbacks arrivant relativement tard. Peut-être est-ce d’ailleurs cette façon de déconstruire la traditionnelle introduction des personnages qui a tapé dans l’œil du jury de Sundance qui lui a remis le Prix du meilleur Scénario.

affiche du film thaïlandais : Pop Aye
affiche du film thaïlandais : Pop Aye

Ceci dit, la construction de la narration se faisant selon le schéma classique du road movie davantage que celui du buddy movie, il n’est pas étonnant de constater que l’écriture donne davantage d’importance aux personnages secondaires qu’aux deux personnages principaux. La bienveillance qui viendra traverser chacune de ces rencontres, qui semble d’ailleurs proportionnelle à la marginalisation du quidam, est pourtant bien moins intéressante à voir développée que la mélancolie qui anime Thana. Sa sympathie pour des stéréotypes tels que le sans-abri ou le transsexuel, tandis que la femme au foyer et plus encore le policier se révèlent sans surprise médisant à son égard, donne au long-métrage un ton très consensuel alors que les afflictions de cet ancien architecte se voudraient porteur d’un sous-texte sociologique qui méritait d’être davantage approfondi. En pleine crise de la cinquantaine, Thana voit en effet le fruit de son travail anéanti au profit d’un nouveau bâtiment, faisant de lui une victime collatérale de cette frénésie de construction à laquelle il a pourtant lui-même contribué. Cette piste cynique et contestataire restera en filigrane d’un long-métrage frileux d’assumer son discours que ses détracteurs jugeront rétrograde.

Fort heureusement, Pop Aye parvient à s’assumer comme un feel-good movie dont le pouvoir comique repose entièrement sur les gags générés par la collision entre cet éléphant et un monde moderne où il n’a plus sa place. La musique, qui est propice à une ambiance burlesque et nous accompagne dans de magnifiques paysages thaïlandais, participe agréablement à la légèreté du concept. Ce sont donc au final trois éléments avec lesquels la réalisatrice parvient à jongler du début à la fin : la poésie douce-amère générée par l’introspection dans laquelle se plonge Thana -celle-là même qui semble justifier la non-linéarité du scénario ; l’humour enfantin inhérent à l’idée de voir un éléphant se promener sur les routes et le regard désenchanté sur un pays en proie à un consumérisme déraisonné, à l’échelle globale comme individuelle.
Pour un premier film, Kirsten Tan livre une comédie particulièrement sympathique malgré ses quelques maladresses. On a hâte de voir si elle parviendra à renouveler l’exercice avec un second long-métrage que l’on espère un peu plus abouti.

source : Thaï Visa

Thaïlande : inconnu après la mort du roi Bhumipol

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deuil national rues Thailande janvier 2008

C’est sans doute l’image que la Thaïlande aurait voulu laisser au monde de son monarque, Bhumibol Adulyadej, décédé ce jeudi à l’hôpital Sirijaj, à Bangkok, à l’âge de 88 ans, des suites d’une insuffisance rénale. En juin 2006, alors que tout le royaume célébrait les soixante ans du règne, Bhumibol était apparu au balcon de la salle du trône, vêtu d’un lourd manteau d’or, aux côtés de la reine Sirikit. Lentement, il avait levé la main pour saluer son peuple et avait esquissé un léger sourire. Face à lui, une foule de plusieurs centaines de milliers de personnes brandissait des portraits à son effigie et criait «Longue vie au roi !». L’émotion était telle que beaucoup de participants, vêtus de tenues jaunes – la «couleur du roi» –, ne pouvaient s’empêcher de pleurer. Et les observateurs étrangers étaient alors bien obligés de constater l’amour unanime, inconditionnel de tout un peuple pour un monarque quasi-divinisé, à la fois incarnation de Bouddha sur terre et «seigneur du territoire et de la vie» dans la tradition hindouiste.

représentation du roi de Thaïlande
représentation du roi

Magie brisée

Mais entre le jubilé d’or de 2006 et 2016, le chaos qui a prévalu dans le monde politique thaïlandais a abouti à une érosion du prestige de la famille royale. L’image de Bhumibol a été utilisée sans vergogne par les Chemises jaunes, les opposants au populaire Premier ministre Thaksin Shinawatra qui a dirigé le pays de 2001 jusqu’au coup d’Etat de 2006. Le roi a entériné ce coup d’Etat ainsi que le putsch du 22 mai 2014 qui a éjecté un autre gouvernement pro-Thaksin. Cette politisation du monarque, plus ou moins à son corps défendant, a brisé une certaine magie. Bhumibol n’est plus apparu comme le ferment national de l’ensemble du peuple thaïlandais, mais simplement comme l’idole adulée d’une partie, majoritaire sans aucun doute, de la population. Les Chemises rouges, ou partisans de Thaksin Shinawatra, ont eu, à tort ou à raison, l’impression que le monarque les avait abandonnés, surtout après qu’il a laissé les militaires tirer dans la foule des manifestants pro-Thaksin en avril-mai 2010 sans intervenir.

Une tragédie, sans nul doute, pour ce monarque dont le règne, le plus long de l’histoire de la Thaïlande, a aussi été l’un des plus prestigieux. Durant des décennies, il avait été le principal facteur d’unité dans un pays où une pesante structuration hiérarchique exacerbait les inégalités sociales. Il incarnait le lien entre tous les Thaïlandais quelle que soit leur classe sociale, le miroir dans lequel chacun pouvait se reconnaître comme faisant partie d’un tout. «Le sentiment qu’éprouvent les Thaïlandais pour le roi est quelque chose que les étrangers ne peuvent pas complètement comprendre», disait alors l’ancien Premier ministre Anand Panyarachun. En tous les cas, sa disparition risque de laisser un vide que son successeur, le prince Vajiralongkorn, pourrait avoir du mal à remplir.

représentation du roi
représentation du roi

Sports d’hiver

Quand Bhumibol Adulyadej naît à Boston en 1927, personne, pas même ses parents, n’imagine le destin exceptionnel qui l’attend. Lorsque Ananda Mahidol, son frère, monte sur le trône en 1934, après l’abdication de son grand-père, les deux enfants vivent à Lausanne avec leur mère et leur grande sœur. Ils sont inséparables. Des photos les montrent aux sports d’hivers, bras dessus-bras dessous, leur manteau maculé de neige. C’est le temps de l’insouciance, mais aussi des études à l’Ecole nouvelle de Lausanne. Le jeune Bhumibol se passionne pour les sciences, la musique. La carrière d’ingénieur le tente. En 1946, la famille rentre en Thaïlande pour la cérémonie de couronnement d’Ananda. Celui-ci est accueilli avec soulagement par les Thaïlandais, mais la monarchie a connu une longue éclipse et son prestige est amoindri.

Le palais Chitrlada, où réside la famille royale à Bangkok, est à l’abandon. Tout est à reconstruire. Ananda ne règne que quelques mois. Un matin de juin 1946, il est retrouvé mort, dans son lit, d’une balle dans la tête. Que s’est-il passé ? On ne le saura jamais, même si deux valets de chambre seront exécutés au terme d’un procès hâtif. Le jeune Bhumibol, traumatisé, ne cesse de pleurer en suivant le cortège funéraire de son frère. C’est à lui maintenant d’assurer la continuité de la dynastie Chakri, sous le nom de Rama IX. La Thaïlande de l’après-guerre est alors dominée par un des généraux qui avait aboli la monarchie absolue en 1932 : le maréchal Phibul Songkhram, un antimonarchiste qui avait collaboré avec l’armée impériale japonaise pendant le conflit.

Robe de bonze et cours de thaï

Patiemment, Bhumibol fait son apprentissage de souverain. Il commence par passer plusieurs mois sous la robe des bonzes et perfectionne son thaï, une langue qu’il maîtrise alors moins bien que le français. Il se garde de se mêler des affaires de l’Etat, mais signifie parfois son déplaisir au gouvernement par des gestes codés, comme son refus de venir à une cérémonie ou sa tenue vestimentaire. C’est sous le dictateur suivant, le maréchal Sarit Thanarath, que l’influence du jeune monarque commence à s’affirmer. Sarit estime qu’il est de son intérêt, à une époque où les forces communistes s’agitent dans toute l’Asie du Sud-Est, de rétablir la figure traditionnelle du roi comme père de la nation. Des relations cordiales s’établissent entre le dictateur et le Palais, qui est honoré par le gouvernement et, au moins en apparence, régulièrement consulté sur les affaires du pays.

Considéré jusque-là comme un monarque oisif, porté sur les sports nautiques et le jazz, Bhumibol entreprend de réhabiliter le prestige de la monarchie. Des rituels anciens, oubliés depuis des décennies, sont réintroduits, comme la cérémonie du sillon sacré qui doit annoncer l’abondance de la récolte à venir. Le patronage royal de certaines pagodes confère aussi une aura bouddhique au souverain, qui lance de multiples projets royaux : aide aux minorités montagnardes du Nord pour leur fournir une activité alternative à la culture de l’opium, construction de barrages et de réseaux d’irrigation pour stimuler l’agriculture. Au grand désarroi de la reine Sirikit, les jardins du palais Chitrlada sont transformés en ferme expérimentale.

Arbitre suprême

Ce sont toutefois ses rares interventions, toujours en temps de crise majeure, qui le consacrent comme un monarque d’exception auprès de ses sujets. En octobre 1973 d’abord, quand il accueille dans les jardins du Palais les étudiants pourchassés par les militaires du dictateur Thanom Kittikachorn. Après un massacre le 14 octobre, le roi somme ce dernier de quitter le pays, affirmant son rôle d’arbitre suprême de la sphère politique. Il convoque des états généraux pour donner une assise démocratique plus ferme à son pays. Mais dans les années qui suivent, la montée du communisme en Indochine semble tiédir cette ardeur démocratique. Il se gardera d’intervenir lors du massacre des étudiants par des groupuscules d’extrême droite dans l’université Thammassart de Bangkok en octobre 1976 et semblera, par la suite, préférer des régimes de «semi-démocratie» comme ceux qu’a connus la Thaïlande dans les années 80.

Dans les dernières années de son règne, fortement perturbées par la lutte entre les partisans et les détracteurs du Premier ministre Thaksin Shinawatra, Bhumibol tente de rester neutre, même s’il ne cache pas son agacement devant Thaksin, chef de gouvernement reconverti en milliardaire au style flamboyant et énergique. Les chemises jaunes, ennemis de Thaksin, exploitent l’image du roi pour affaiblir le Premier ministre qu’elles accusent de manquer de loyauté à la monarchie. Profondément affecté par ces divisions et soucieux de ne pas se montrer partisan, le roi se tient le plus souvent silencieux, avant que sa santé déclinante, à partir de 2011, rende ses apparitions publiques de plus en plus rares. Mais cette profonde crise de transition entame son aura.

«Les Thaïlandais perdent leurs repères»

La disparition de la seule figure unificatrice du pays ne peut qu’aggraver les tensions politiques dans un pays en quête de nouveaux repères, mais elle risque aussi de provoquer une profonde crise d’identité. «Le roi pour les Thaïlandais représente le bien absolu, mais aussi la stabilité. Une fois qu’il disparaît physiquement, les Thaïlandais perdent leurs repères, un peu comme s’ils flottaient dans l’espace. Ils ne savent pas ce qui va se passer», confiait à Libération un universitaire thaïlandais sous couvert d’anonymat.

La succession sera d’autant plus rude pour le prince héritier. «Le système existant a été tellement façonné par Bhumibol, est devenu tellement attaché à sa personne, qu’il est difficile d’imaginer que cette sorte d’ethos puisse être reproduit par le monarque suivant. Même un jeune Bhumibol aurait des problèmes pour cela», considère David Streckfuss, spécialiste des monarchies.

source : Libération

Une fortune de 35 milliards de dollars

Même le protocole méticuleux et anachronique dont il s’entourait était étudié. On ne s’adressait pas à lui, mais à «la poussière de ses pieds». Et nul ne pouvait avoir la tête plus élevée que lui. «Il y a derrière le protocole très contraignant qui exige que les Thaïlandais se prosternent et rampent en présence du roi un projet idéologique conscient: renforcer la structure hiérarchisée et centralisée de la société thaïlandaise», estime le politologue Giles Ji Ungpakorn. Et la vieille loi de lèse-majesté est un paravent destiné à protéger des regards trop curieux. Mais en août 2008, Bhumibol Adulyadej n’a pu éviter les révélations du magazine américain Forbes, classant cet homme qui se montre humble et vit simplement, «tête couronnée la plus riche au monde». À la tête d’une fortune de 35 milliards de dollars, le roi contrôlait des pans entiers de l’industrie et possédait le tiers de Bangkok et d’immenses domaines dans le reste du pays, gérés par le bureau des propriétés de la couronne.

Personnage complexe, le doyen des têtes couronnées et des chefs d’État en exercice était parvenu à incarner le rayonnement du bouddhisme, la pérennité de la culture thaïe, un ordre social équilibré et la grandeur multiséculaire du Siam. Mais une vieille prophétie est dans tous les esprits aujourd’hui: la dynastie des Chakri s’éteindra avec son neuvième souverain.

source : Le Figaro

Thaïlande: l’adoption d’une nouvelle Constitution est un «retour en arrière» pour Shinawatra

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Shinawatra-7-08-2016 vote referendum

Yingluck Shinawatra, dernière Première ministre démocratiquement élue de Thaïlande, a déploré lundi l’adoption d’une nouvelle Constitution comme un «retour en arrière» pour son pays.

«Je suis attristée de voir que notre pays fait un retour en arrière, vers une Constitution non-démocratique», a réagi celle dont le gouvernement a été renversé par un coup d’État militaire en 2014.

Mais «j’accepte la décision du peuple», a-t-elle ajouté, dans un premier commentaire, sur les réseaux sociaux. Sans appeler ses partisans, les Chemises rouges, à manifester.

Les Thaïlandais ont adopté dimanche une nouvelle Constitution très controversée, qui permettra à la junte au pouvoir de contrôler la scène politique, même après le retour à des élections, promises en 2017.

Selon les derniers résultats préliminaires, plus de 60% des votants se sont exprimés en faveur de la nouvelle Constitution. Moins de 40% l’ont rejetée.

Même dans le nord-est du pays, qui vote traditionnellement en faveur des Shinawatra, le «non» à la Constitution n’a pas été massif, de l’ordre de 51%.

En l’absence de débat de fond, avec une interdiction de critiquer publiquement le projet de Constitution sous peine de prison, d’autres responsables de l’opposition ont moins pris de gants que l’ex-Première ministre et dénoncé un référendum digne d’une «dictature».

Aucun n’a cependant appelé à descendre dans la rue pour contester le référendum.

Le principal élément polémique du texte est que le Sénat ne sera plus élu mais nommé. Cela implique que, même après le retour des élections, le Parlement se retrouvera sous la coupe d’une chambre haute que les généraux continueront de contrôler.

Le but des militaires est de modifier en profondeur le système politique, afin d’empêcher durablement le retour aux manettes de l’opposition, incarnée par l’ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra et sa soeur Yingluck.

Jusqu’ici, les militaires avaient principalement eu recours aux coups d’Etat, dès 2006 pour Thaksin. Mais les Shinawatra étaient toujours revenus au pouvoir sitôt des élections organisées.

Source : Libération

Thaïlande : référendum le 7-08-16 sur une Constitution très controversée

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Thaïlande : référendum le 7-08-16 sur une Constitution très controversée

Dirigée depuis plus de deux ans par la junte, la Thaïlande se prononce ce dimanche 7 août sur un projet de Constitution pour le moins décrié. Cette vingtième version de la loi fondamentale depuis 1932 a été entièrement rédigée par le pouvoir militaire. Pour la junte, le texte permettra de sortir de la crise politique qui gangrène le pays depuis une dizaine d’années. Les défenseurs des droits de l’homme estiment, quant à eux, qu’il marquera un grand pas en arrière pour la démocratie.

Avant même la consultation de ce dimanche, la junte a déjà envoyé des dizaines de personnes derrière les barreaux. Au moins 41 personnes ont été arrêtées pour avoir osé critiquer le texte ou avoir mené une campagne contre la nouvelle Constitution.

contestataires de la nouvelle constitution 07-08-2016
contestataires de la nouvelle constitution 07-08-2016

Dès la fin avril, les militaires avaient interdit tout débat et menaçaient de dix ans de prison quiconque s’opposait au projet. Parmi les personnes visées figurent de nombreux journalistes, militants et opposants. Dix-neuf leaders de l’opposition risquent d’ailleurs un an de prison pour avoir voulu mettre en place des groupes d’observateurs du référendum.

Élections à nouveau reportées

La nouvelle loi fondamentale propose notamment un Premier ministre non élu, un Sénat entièrement nommé et un renforcement du pouvoir des tribunaux qui sont les bastions des élites traditionnelles.

Après avoir annoncé des élections générales à deux reprises, l’ancien chef de la junte et actuel Premier ministre, le général Prayut, a de nouveau repoussé le scrutin à juillet 2017. S’il est approuvé, le projet de Constitution risque de porter un nouveau coup sévère à la démocratie et pourrait provoquer une instabilité politique et des violences. S’il est rejeté, la junte a d’ores et déjà promis de rédiger un nouveau texte.

Irrégularités

L’organisation du référendum a été marquée par de nombreuses irrégularités, des arrestations, des harcèlements et de la censure, explique Andrea Giorgetta, le responsable du bureau Asie du Sud-Est de la FIDH, la Fédération internationale des droits de l’homme.

« Les observateurs indépendants ont été bannis et on a interdit aux citoyens thaïlandais d’observer le référendum, assure-t-il. Nous savons que plusieurs gouvernements étrangers ont pu assister à une visite guidée de trois jours dans les bureaux de vote organisée par la junte. Mais ce n’est évidemment pas suffisant et cela ne garantit pas la transparence et n’empêche pas la fraude électorale. »

Andrea Giorgetta dénonce également « une disposition qui interdit toute publication de sondage une semaine avant la tenue du référendum ». Pour le militant des droits de l’homme, « c’est une restriction de plus, jamais constatée par le passé ». Des éléments qui prouvent selon la FIDH que « le processus tout entier a été étroitement contrôlé et qu’il manque de crédibilité, car la population n’a clairement pas eu son mot à dire ».

source : RFI

Thaïlande : Une Constitution qui marginalise le peuple

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Vote NO constitution thaïlande 08-2016

Thaïlande : Constitution marginalise le peuple

Sur le campus de l’université Thammasat, lieu historique de la contestation étudiante contre les nombreuses dictatures militaires qu’a connues la Thaïlande, est affiché le texte du projet de Constitution. C’est ce document qui va être soumis dimanche à un référendum, dont le résultat va avoir un poids déterminant pour l’avenir du pays, embourbé depuis dix ans dans une crise politique inextricable et dirigée par une énième junte militaire depuis mai 2014.

Étudiants, retraités, employés ou fonctionnaires lisent avec intérêt la longue suite de panneaux.

Ils sont invités à ajouter des émoticônes ou des post-it à côté des articles du texte qu’ils veulent applaudir ou vilipender. Un paragraphe attire un nombre impressionnant d’émoticônes grimaçantes : celui demandant si le Sénat, entièrement nommé par la junte pour un mandat de cinq ans, pourra se joindre à l’Assemblée nationale pour choisir le Premier ministre. Un vieil homme colle un post-it avec ce texte : « En démocratie, le plus grand pouvoir est celui du peuple.»

Il s’appelle Phanom Weerapong, est âgé de 65 ans et dit être un fonctionnaire à la retraite. Sec et nerveux, il s’emporte contre le projet de Constitution. «Beaucoup de points de cette Constitution sont injustes. La démocratie, c’est quelque chose qui a à voir avec les droits de l’homme, ce n’est pas quelque chose qui émerge d’un petit groupe qui veut imposer des ordres au peuple», lance-t-il d’une voix ferme. Derrière lui, un groupe de musique venu du nord-est entonne une chanson décriant les «coups d’Etats», le leader du groupe ayant toutefois précisé que la chanson «n’avait rien à voir avec la Thaïlande, mais concernait la Turquie». Des tee-shirts «Non aux putschs» et des livres sur les révoltes étudiantes des années 70 sont exposés à la vente.

Ici, l’opinion est unanime. «Je ne peux pas accepter cette Constitution, car elle donne un pouvoir énorme aux fonctionnaires et marginalise le peuple», lâche Pao Vichayuth, un employé de banque. «Ce texte protège les intérêts de certains groupes pas ceux du peuple dans son ensemble», renchérissent trois étudiantes. Cette manifestation politique sur le campus de Thammasat est une exception. «Nous avons dû négocier avec les militaires. Ils nous ont dit : “Vous êtes à peu près libres d’organiser ce que vous voulez dans l’enceinte de l’université, mais si vous le faites en dehors, nous vous arrêtons”», confie Rangsiman Rome, étudiant en droit de l’université Thammasat et un des leaders du New Democratic Movement, lequel réunit les opposants de la faculté les plus acharnés contre la junte du général Prayuth Chan-ocha.

Rangsiman Rome sait d’expérience que ces menaces sont sérieuses. Le mois dernier, il a été détenu pendant douze jours avec une dizaine de ses camarades parce qu’ils avaient distribué des brochures précisant leur point de vue sur le projet de Constitution. «Je pense que nos documents ont dérangé les militaires parce qu’on y explique clairement ce qu’il y a derrière le référendum, raconte-t-il. Selon nous, le vote pour accepter ou rejeter le projet de Constitution est en fait un vote pour le maintien de la junte au pouvoir ou pour rejeter le régime militaire. Le projet de Constitution en lui-même n’est pas une question primordiale.»

Échalas en bois

Ce n’est toutefois pas l’avis de nombreux paysans à 150 kilomètres au nord de Bangkok, dans la province de Suphanburi, au cœur de la grande plaine rizicole centrale. Assise dans son champ où elle récolte de longs haricots qui poussent sur des échalas en bois, Praseurt Noisuwan pense qu’il faut «accepter le projet de Constitution». «Sinon, le désordre va durer encore longtemps. La situation va continuer à se dégrader», dit-elle. «Mais en toute franchise, plus vite les militaires quittent le pouvoir, mieux c’est», hasarde son mari, chemise déchirée et pieds nus dans la glaise. «Ce que nous voulons c’est que les choses s’améliorent et qu’on ait une vie plus confortable. Le oui [au projet de Constitution, ndlr] va dans ce sens», le coupe-t-elle sèchement. A un kilomètre de là, Woralak Sawang, qui tient une épicerie au bord d’une petite route de traverse, partage ce point de vue. «Le projet de Constitution contient beaucoup de points positifs. Il permet de lutter contre la corruption, précise-t-elle tout en s’occupant des clients qui viennent acheter des sacs de riz ou des friandises. Les députés malhonnêtes ne pourront plus entrer au Parlement. Je vais voter oui pour soutenir les militaires.»Vote NO constitution thaïlande 08-2016

Dans cette région rurale semi-urbanisée, située dans l’orbite du Grand Bangkok, cette disposition favorable à l’armée est largement partagée. Qu’en est-il dans les autres provinces ? Le Nord et le Nord-Est sont considérés comme des bastions des Chemises rouges (les partisans du changement social et de l’ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra, renversé lors d’un autre coup d’Etat en 2006), et donc supposément opposées à la junte. Mais, selon des enquêtes menées par des médias locaux, la recherche de la stabilité et la priorité donnée au pragmatisme sur l’idéologie au sein de la population rurale laissent prévoir une victoire du oui au référendum constitutionnel.

Ce qui n’exclut pas des résistances.

A Suphanburi, installé à deux pas des paysans promilitaires, un conducteur de bateau fluvial ne cache pas son opposition à la junte et son mépris pour le projet de Constitution. «Ce n’est pas une Constitution pour le peuple, c’est uniquement pour les gens qui ont des sous», lâche Chang Buachan, qui vient de rentrer de sa journée de travail. Le batelier, simplement vêtu d’un sarong noué sur son ventre, ne mâche pas ses mots : «Un jour, il y aura quelque chose comme le 14 octobre 1973, lance-t-il en faisant allusion à la grande révolte étudiante des années 70 réprimée par les maréchaux Thanom Kittikachorn et Praphas Charusathien et qui aboutit à la chute de la dictature. Les militaires veulent trop imposer leurs lois. Ça ne marchera pas.»
Majorité molle

Deux visions s’affrontent clairement.

Un courant prodémocratique qui ne supporte plus les interventions militaires (19 coups d’Etat en quatre-vingt-quatre ans de monarchie constitutionnelle) et aspire à une plus grande maturité politique et à une société plus égalitaire et plus juste. Et une majorité molle qui privilégie l’ordre à court terme. Le référendum de dimanche ne résoudra pas les problèmes de fond que connaît le pays : comment passer d’un modèle de société fossilisée – pratiquement inchangé depuis la fin du XIXe siècle – à un cadre plus ouvert et plus démocratique ? La question de la fin du long règne du roi Bhumibol Adulyadej, âgé de 88 ans et fort malade, fait partie de cette transition douloureuse, mais elle n’en est qu’un élément parmi d’autres.

«Qui va s’attaquer aux questions fondamentales ? Qui va parvenir à mettre d’accord autour d’un processus politique les anciens adversaires ?» s’interroge Gothom Arya, membre de la première commission électorale qu’a connue la Thaïlande à la fin des années 90. «Il faut résoudre le problème de la corruption, ainsi que ceux du système judiciaire et du système éducatif. Mais faut-il le faire avant de tenir des élections ? Cela peut prendre du temps.» Il ajoute : «La meilleure solution serait de travailler à résoudre ces problèmes tout en ouvrant la voie à une plus grande participation politique.»

Source : Libération

Assiettes à jeter en feuille d’arbre (invention thaï)

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presentation assiettes feuilles thailande

Une trouvaille thaïlandaise : les assiettes en feuilles d’arbre !

Du nouveau dans nos assiettes ! Jetables, compostables et biodégradables, ces plats d’un nouveau genre pourraient remplacer les assiettes plastiques jetables inévitablement utilisées par des millions de personnes et dont un grand nombre termine sa route dans l’environnement. Une invention thaïlandaise à explorer.

Il est léger, pratique, de toutes les couleurs et souvent résistant, le plastique est tout autour de nous, central à notre civilisation consumériste. Nous ne l’utilisons pourtant qu’une partie infime de sa vie. Celui-ci met en effet des centaines d’années à disparaître. Le plastique est un produit dérivé du pétrole qui, une fois chauffé, produit le naphta, liquide qui sera transformé par la pétrochimie en plastique. Avec plusieurs milliards de kilos de déchets plastiques déversés dans les océans chaque année et 3,5 millions de kilomètres carrés d’îles de déchets – soit 10 fois la taille de la France – le plastique ne semble plus si pratique que ça. Selon les experts, si nous continuons sur cette route, il y aura d’ici 2050 plus de plastiques en poids dans les océans que de poissons.

presentation assiettes feuilles thailandeAvec la mise en danger des écosystèmes marins – 1 million d’oiseaux marins et 100 000 animaux meurent chaque année du fait de l’injection de plastique – et la raréfaction inévitable du pétrole d’où il est tiré, le plastique a du souci à se faire. Partout dans le monde, des chercheurs mettent au point des solutions alternatives et écologiques. C’est notamment le cas de l’équipe de chercheurs en ingénierie industrielle de l’université Naresuan de Bangkok qui proposent une alternative sympathique aux assiettes en plastique.

Un jour en Thaïlande, en visitant un temple…

Alors qu’elle visite un temple du nord de la Thaïlande, Samorn Hiranpraditsakul, chercheuse en génie industriel, est choquée par les piles d’assiettes et de contenants en polystyrène jetés dans l’environnement par ses concitoyens. Le recours au tout jetable s’est généralisé ces dernières années et un retour en arrière semble inespéré avant de nombreuses années. L’idée fait son chemin et au bout d’un an de recherche, l’équipe dirigée par Sirintip Tantanee a finalement trouvé l’alternative idéale, notamment inspirée des tapari népalais : les feuilles d’arbres comme matériau de base.

Ce sont trois arbres endémiques de Thaïlande, le Petchara Chaowarat, le Tectona Grandis et le Ficus Benghalensis, ou Figuier des banians, espèce voisine du figuier, qui font être sélectionnés pour concevoir assiettes et autres objets biodégradables. En effet, ces feuilles permettent d’obtenir une matière première qui résiste à la chaleur et s’adapte à certaines utilisations alimentaire. Pour rendre la feuille rigide et brillante, l’amidon naturel remplace le vernis.

« Ces assiettes en feuille non seulement sont biodégradables, mais en plus elles sont inoffensives pour la santé, car aucune substance toxique n’est utilisée dans sa conception. » nous explique un chercheur de l’équipe. De plus, l’utilisation exclusive des feuilles permet de les récolter sans abattre les arbres. Il reste cependant beaucoup de travail à la petite équipe de chercheurs qui doit tenter de trouver sa place dans le marché.

Ceux-ci tentent aujourd’hui de se coordonner avec les autorités locales afin de remplacer rapidement le polyester dans tous les événements publics, pour enfin le commercialiser, localement d’abord, puis éventuellement à une échelle nationale et internationale. « Nous devons trouver les bonnes personnes pour organiser et nous assister. Cela prendra sûrement des années mais les perspectives sont encourageantes. » insistent-ils. Et pour cause, il est, selon eux, possible de trouver un type de feuille d’arbre adapté dans chaque région du monde, de manière à éviter la case des monocultures. En Thaïlande, le plastique a du souci à se faire… et on s’en réjouit !

assiettes en feuilles d'arbre

Protéger les coraux en Thaïlande : sites de plongée fermés

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coraux poisson stortue

La Thaïlande a fermé une dizaine de ses sites de plongée, dans une tentative de limiter la détérioration de ses récifs coralliens, en partie liée à la surfréquentation touristique.

La Thaïlande paye le prix de son tourisme de masse, avec des millions de touristes étrangers débarquant chaque année sur ses plages de sable fin. Les sites de plongée y sont souvent très accessibles, même armés d’un seul masque et tuba.

“Les massifs coralliens sont affectés par des touristes inconscients… Ils touchent et marchent sur les coraux. Fermer ces sites aidera les récifs à se régénérer naturellement”, a expliqué jeudi à l’AFP Reungsak Theekasuk, directeur des Parcs nationaux de Thaïlande.

“Cela ne va pas trop affecter le tourisme, car c’est le début de la saison des pluies”, traditionnelle saison basse pour le tourisme en Thaïlande, qui bat son plein pendant l’hiver.

“Nous réévaluerons la situation avant le début de la saison haute” fin 2016, a-t-il assuré.coraux poisson stortue

Certains de ces récifs sont touchés par le blanchiment sur quelque 80% de leur surface, selon une récente étude commandée par les autorités thaïlandaises.

Les zones touchées par cette fermeture, annoncée mi-mai, sont notamment près des îles touristiques de Koh Phi Phi et Koh Lanta.

Les innombrables tour-opérateurs proposant leurs services aux touristes jettent souvent leurs ancres sur les massifs de coraux, contribuant à leur blanchiment. Et il est fréquent de voir leurs clients posant pour un selfie aquatique, debout sur des récifs coralliens.

Au-delà dans le Pacifique, la Grande barrière de corail australienne traverse le pire épisode de blanchissement de coraux jamais enregistré, avec plus de 90% de ses récifs ayant blnachi, selon une étude australienne publiée en avril 2016.

Ce phénomène de dépérissement se traduit par une décoloration des coraux. Il est provoqué par la hausse de la température de l’eau.

Outre le tourisme de masse, le phénomène El Niño est en cause, provoquant des hausses de températures dans le Pacifique.

AFP

Thaïlande : UE s’interroge sur le changement de Constitution

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Une Constitution en faveur de l’armée

Depuis le coup d’état de mai 2014, la loi martiale règne de nouveau en Thaïlande avec un gouvernement militaire qui depuis gère le pays d’une main de fer. Alors qu’elle devait avoir lieu courant 2016, la prochaine élection démocratique est désormais repoussée en 2017. Un retard causé par le changement de Constitution désiré par le Premier ministre Prayuth Chan-ocha, également chef de l’Armée royale thaïlandaise.

Pour le lieutenant-général à la tête du pays, ce texte devrait permettre de restaurer la démocratie en Thaïlande. Une ambition qui trouve pourtant rapidement ses limites quand on s’intéresse de plus près à la direction que prend ce projet de Constitution et qui semble n’avoir pour seule fonction que de conserver l’armée aux manettes de la nation.

Le comité de rédaction en charge de la réécriture de la Constitution a été nommé par la junte actuellement au pouvoir, ce qui peut aisément laisser croire à un certain pilotage de la part des organes dirigeants. La nouvelle mouture prévoirait que les membres du Sénat soient tous nommés par le Conseil national pour la paix et le maintien de l’ordre (NCPO), le nom du parti militaire. Le Premier ministre devrait enfin pouvoir être désigné par le Sénat. Autant d’éléments qui in fine continueraient de renforcer l’influence de l’armée sur le gouvernement et sur le pays.

Lorsqu’on interroge le parti en place sur ce projet à priori taillé sur mesure pour l’armée, le NCPO sort le référendum de sa manche comme argument massue pour disculper la junte de toutes formes de manipulation. Pour Prayuth Chan-ocha, c’est au peuple de décider et de se prononcer sur le chemin que doit prendre la Thaïlande. Selon lui, le changement de Constitution est conforme aux principes démocratiques car il sera voté ou non par les Thaïlandais.

Encore une fois, ce discours est contrarié par les faits qui laissent entrevoir une toute autre réalité. Il y aura bien un référendum le 7 août prochain sur une modification de la Constitution mais l’armée a jusqu’ici interdit tous rassemblements et débats publics sur le sujet. Ceux qui se heurtent à ces règles avant le référendum risquent jusqu’à dix ans de prison sous prétexte d’avoir « déformer la réalité » pour influencer les électeurs.

L’UE monte au créneau

L’approche du référendum est l’occasion pour l’UE de prendre officiellement position face à au gouvernement thaïlandais et à sa gestion du pays qualifiée d’alarmante par un groupe composé de 18 ambassadeurs et chargés d’affaires européens dirigé par Luisa Ragher, chef-adjoint de la délégation de l’Union européenne en Thaïlande.

Le 7 avril dernier, cette délégation a rencontré le ministre adjoint des Affaires Étrangères thaïlandais, Panyarak Poolthup afin de lui faire part de critiques mettant directement en cause le régime en place.

Pour l’Union européenne, certaines pratiques adoptées par le gouvernement sous prétexte de vouloir faire régner l’ordre dans le pays sont tout bonnement contraire aux valeurs démocratiques. Dans sa déclaration, la délégation n’hésite pas à citer en exemple les camps d’ajustements mis en place par l’armée et dans lesquels sont envoyées toutes personnes manifestant une quelconque opposition à l’égard du gouvernement Chan-ocha pour revoir leur attitude.

Les ambassadeurs se sont également dit inquiets d’une nouvelle directive du NCPO qui garantie aux militaires davantage de pouvoir. Pour les européens, attribuer aux soldats des pouvoirs qui étaient jusqu’à présent réserver à la police ou aux juges pourrait rapidement renforcer le caractère arbitraire des arrestations, déjà bien présent depuis que la junte est à la tête du pays.

L’absence de liberté d’expression et de liberté de circulation sont également pointées du doigt par la délégation, qui mettrait un point d’honneur à museler ou immobiliser toute parole dissidente au régime. Pour l’UE, il est nécessaire et urgent de s’assurer que le référendum sur le changement de Constitution réponde à un véritable processus démocratique.

Lors de cette rencontre, le ministère des Affaires Étrangère thaïlandais a tenu à rassurer point par point la communauté internationale quant à la gestion du pays. Un pays où « les libertés sont respectées » et où « les droits de l’homme sont en accord avec les pratiques internationales » d’après le gouvernement. Un pays où l’armée, en cas de rejet de la nouvelle Constitution lors du référendum, menace de faire passer une Constitution d’une autre époque qui ferait s’envoler pour de bon l’espoir d’une démocratie thaïlandaise.

source : blog Mediapart

Rigorisme social en régime militaire thaï

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Rigorisme social en régime militaire thaï

En Thaïlande, le régime militaire favorise une culture de rigorisme social. Celle-ci affecte tant le domaine du religieux que la consommation d’alcool ou même le domaine sexuel. Les incidents se sont multipliés ces derniers mois, allant du cocasse au ridicule.

Dans la ville de Samut Prakarn, près de Bangkok, la police a arrêté un quinquagénaire thaïlandais, qui avait l’étrange manie de voler des petites culottes et des soutiens gorges mis à sécher sur des fils à linge. Il en avait une belle collection, 4 000 en tout ! Les policiers l’ont exhibé devant la presse, entourée de ses piles de lingerie féminine. L’anecdote peut faire sourire, mais elle est assez caractéristique d’une sorte de conservatisme social, de rigorisme, qui s’affirme de plus en plus sous la junte militaire qui a pris le pouvoir en 2014.

Plus de censure sur les films

D’autres incidents de ce genre ont eu lieu. Un haut fonctionnaire zélé a dépoussiéré une vieille loi thaïlandaise interdisant de mélanger des alcools pour faire des cocktails. Et ces derniers jours, ce bureaucrate a lancé des raids avec des policiers sur des échoppes ambulantes vendant des mojitos ou des Singapore Sling dans des parcs urbains. Dans le même ordre d’idées, il y a une campagne très active de la part de moines bouddhistes et de laïques pour faire du bouddhisme la religion d’Etat. Certains disent que c’est une très mauvaise idée, car cela renforcerait le caractère nationaliste du bouddhisme thaïlandais et mettrait mal à l’aise les Thaïlandais musulmans et chrétiens. La censure sur les films de cinéma se fait plus forte. Par exemple, le réalisateur d’un film récent montrant la conduite peu orthodoxe de certains moines bouddhistes a été forcé de couper un tiers du film pour que celui-ci soit autorisé à être projeté en salle.

Retrouver la Thaïlande d’antan

Des sociologues thaïlandais disent que cela reflète le désarroi d’une partie de la société thaïlandaise, une partie conservatrice, devant les changements économiques, sociaux, culturels et politiques qui bouleversent le pays. Ces gens sont angoissés devant l’avenir incertain et s’accrochent à ce qu’ils connaissent, comme à une bouée de sauvetage. Ils veulent en quelque sorte « geler » le pays, ou même, si possible, le faire revenir dans le passé.

Les militaires ont pris le pouvoir pour mettre en place un système politique similaire à celui qui existait dans les années 1980, avec un Premier ministre non élu. Les militaires et les bureaucrates sentent que l’évolution politique et sociale du pays risque de réduire leurs privilèges. Ils essaient donc de s’opposer au changement, notamment en diluant le pouvoir des politiciens élus. Le chef de la junte, le général Prayuth Chan-ocha, a même menacé d’isoler le pays du monde extérieur. Leur souhait est de revenir plusieurs décennies en arrière, pour retrouver une Thaïlande d’antan où leur pouvoir n’était pas remis en question. Et cette attitude politique fournit un contexte qui favorise la résurgence du conservatisme social.

Source : RFI Du correspondant en Thaïlande,