Début de la diffusion du Bouddha par Açoka, empereur indien

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La diffusion du Bouddha commence véritablement avec Açoka empereur maurya

le premier souverain à se convertir. Il décide d’établir un dharma, une loi temporelle inspirée de la loi divine et de faire en sorte que l’ordre humain soit en harmonie avec l’ordre cosmique. Son règne est un âge d’or, pour les bouddhistes un modèle politique. Tout en tolérant les autres religions, il aurait entretenu 64 ooo moines bâtissant monastères et reliquaires. Il est à la fois un conquérant, l’incarnation du souverain bouddhiste idéal et le grand propagateur de la foi. Il patronne un concile, le troisième, qui tente, déjà de clarifier la situation doctrinale : la Samgha, la communauté, est alors divisée en 18 écoles.

bouddha avec dragon temple a chiang mai
bouddha avec dragon temple a chiang mai

Açoka envoie mission sur mission pour convertir d’autres souverains : Antiochos II de Syrie, Ptolémée II d’Égypte, Magas de Cyrène, Antigone Gonatas de Macédoine, Alexandre II d’Épire, partout à travers le monde hellénique, dont lui Açoka est aussi l’héritier. Malgré tout la culture du monde méditerranéen ignorera le bouddhisme et ses idées pendant un temps incroyablement long.

Après cette impulsion, doté du double soutien d’un État puissant et d’une organisation monastique efficace, le bouddhisme emprunte une voie qui le mènera au nord dans les royaumes de Bactriane et de Sogdiane et au sud dans le royaume de Ceylan. Ces deux régions seront bientôt des centres de diffusion de la doctrine et de l’art bouddhique.

Si une tradition veut que des missionnaires d’Açoka

soient parvenu en Birmanie et en Thaïlande, c’est cependant Ceylan qui devient un des hauts lieux du bouddhisme comme elle est le point de jonction des routes de l’Orient et de l’Occident. De plus, la monarchie cinghalaise a une chronique historique qui retrace l’histoire du bouddhisme dans l’île et ses rapports avec le monde extérieur.

bouddha temple chiang man
bouddha temple chiang man

Mahinda, fils d’Açoka, vient lui-même prêcher sur l’île. Sa prédication reçoit un tel succès que bientôt le roi et le peuple se convertissent et que se crée un ordre monastique actif. Ceylan était déjà en contact étroit avec Pataliputra, capitale des Maurya ; les liens des deux royaumes se resserrent encore. Mieux une ambassade cinghalaise demande maintenant à Açoka d’envoyer sa fille Sangamitta Theri pour établir sur l’île un ordre de nonnes, équivalent féminin de l’ordre des bhiksus, les moines mendiants, né après le passage de Mahinda.

Extrait de : La route de la soie, Edith et François-Bernard Huyghe, Payot

Détérioration de la santé du roi de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej

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Détérioration de la santé du roi de Thaï

Les nouvelles du roi Rama IX de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej, âgé de 88 ans, ne sont pas bonnes. Le palais a indiqué ce mardi que les médecins «contrôlaient étroitement» la santé de Bhumibol Adulyadej qui, hospitalisé pour des troubles cardiaques et respiratoires, souffre actuellement d’une forte fièvre.

représentation du roi de Thaïlande
représentation du roi

Le 11 janvier dernier, le roi de Thaïlande, dont le 88e anniversaire a été fêté le 5 décembre 2015, avait brièvement quitté l’hôpital Siriraj situé dans le centre de Bangkok, le temps d’une «promenade» dans son palais Chitralada. Sa sortie précédente remontait au mois de juin 2015. Mais en cette mi-février, l’état de santé du plus vieux monarque en exercice dans le monde inquiète plus que jamais son peuple.

représentation du roi
représentation du roi

Le Palais a en effet indiqué ce 17 février que Bhumibol Adulyadej, hospitalisé pour des troubles cardiaques et respiratoires, est sous étroit contrôle des médecins. Et ce depuis la veille, en raison d’une forte fièvre et d’irrégularités de sa respiration. Le communiqué précise qu’«une équipe de médecins royaux (lui) administre régulièrement une solution d’antibiotiques par voie intraveineuse, et (lui) assure continuellement un apport en oxygène». Les services de la royauté signalent en outre qu’un trouble cardiaque diastolique lui a été diagnostiqué la semaine dernière.

Une des lois de lèse-majesté les plus sévères du monde

La monarchie thaïlandaise est protégée par une des lois de lèse-majesté les plus sévères du monde, ayant pour conséquence une importante autocensure des médias, y compris étrangers. Cet été, un homme a été condamné à 30 ans de prison et une femme à 28 ans après avoir publié plusieurs messages sur Facebook jugés insultants pour la famille royale.

représentation de la soeur du roi
représentation de la soeur du roi
représentation de la soeur du roi
représentation de la soeur du roi

Depuis le coup D’État de mai 2014, réalisé par les militaires au nom de la défense de la monarchie, les affaires de lèse-majesté se multiplient.

Ci-dessous trois photos que j’ai prises en 2008 ; il s’agit de photos qui sont exposées dans les rues ou les temples.

Source

L’avenir du Vietnam en suspens

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Qui pour diriger le Vietnam dans les cinq prochaines années ? Normalement cette question est résolue plusieurs mois avant le congrès national du PCV. Sauf que celui qui se déroule depuis le 21 janvier déroge à la règle car d’importants désaccords font rages au sein du parti communiste, quant à la ligne à tenir pour diriger le pays, tant politiquement qu’économiquement.

Conservateurs contre réformistes

C’est la grande tâche des 1 500 délégués du parti communiste réunis à Hanoï pendant une semaine : nommer le triumvirat qui devra gérer le Vietnam pendant cinq ans, à savoir le Secrétaire général du PCV, le Premier ministre et le Président de la République. Cette année, contrairement aux précédents congrès, deux lignes s’affrontent : les réformateurs du Premier ministre Nguyen Tan Dung face aux conservateurs du Secrétaire général du PCV, Nguyen Phu Trong.

Considéré comme pro-occidental, l’actuel Premier ministre, au pouvoir depuis 2006, lorgne sur le poste supérieur, celui occupé par son adversaire. Sa ligne très anti-chinoise a notamment permis au Vietnam d’intégrer le jeu de l’économie mondiale, avec pour l’exemple l’adhésion du pays à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) ainsi qu’au partenariat Trans-Pacifique (TPP), mené par les États-Unis. Mais si sa vision pour le futur du pays est grandement partagée par les milieux économiques, Dung traîne quelques casseroles, tant sur son implication dans les grands groupes d’État, que sur les passe-droits accordés aux membres de sa famille.

En face, Trong est partisan de la ligne forte qui domine aujourd’hui au Vietnam. Soutenu par la vieille garde du parti communiste, il conserve la confiance de Pékin mais surtout dispose d’hommes de confiance, qu’il a lui même placé, aux principaux postes clefs du parti. Problème, la limite d’âge pour accéder au poste, dans son cas se maintenir, est fixé à 65 ans. Or le Secrétaire général est âgé de…71 ans.

La pression des puissances étrangères

Il est évident que le choix entre les deux adversaires aura des conséquences sur les relations internationales du pays. La Chine ne veut pas perdre un allié, notamment vis à vis de ses prétentions en mer de Chine, et a accrue la pression sur l’ensemble des dirigeants communistes vietnamiens pour écarter Dung, considéré comme particulièrement critique.

Les États-Unis et les pays occidentaux estiment eux, que la mise à l’écart de Duong serait fortement préjudiciable, ce dernier ayant lancé plusieurs réformes d’inspirations libérales, qui pourraient donc être remises en cause. Sur la question des droits de l’homme, l’actuel Premier ministre est aussi celui qui pourrait inverser la position très rigide du pays, même s’il est aujourd’hui le chef d’un gouvernement ne s’embarrassant pas des dissidents et des blogueurs hostiles au régime.

Avenir du Vietnam

Toutefois, plusieurs observateurs estiment que Trong aurait actuellement une ligne d’avance sur Duong dont le nom ne figurerait même pas sur la liste des candidats pour les plus hauts postes. Le flou reste donc total pour le Vietnam, son avenir politique et économique.

Carte d'Asie au centre du monde
Carte d’Asie au centre du monde

Thaïlande : derrière la carte postale un régime militaire

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Thaïlande : derrière la carte postale un régime militaire

Derrière la belle carte postale de plages paradisiaques au sable fin et à l’eau turquoise se cache une réalité bien moins idyllique pour le pays. Depuis plus d’une année à présent, la Thaïlande est sous la coupe d’une junte militaire qui tient le pays d’une main de fer, inhibant toute liberté. L’Europe doit réagir fermement en exerçant une pression à différents niveaux.

Le général Prayut Chan-O-Cha a pris les commandes du pays depuis mai 2014, période à laquelle un coup d’état a renversé l’ancien gouvernement dirigé alors par le Premier ministre de l’époque Thaksin Shinawatra. D’un pays ouvert au reste du monde, force est de constater que la Thaïlande est devenue une dictature qui ne dit pas son nom.

La junte militaire actuellement aux commandes bride le pays et ses populations. Les récentes arrestations de 14 manifestants étudiants sont la parfaite illustration d’un régime dur et liberticide. 14 étudiants qui risquent 7 années d’emprisonnement, dans des conditions que l’on sait des plus difficiles, simplement pour avoir voulu protester pacifiquement contre l’absence de démocratie qui règne dans le pays depuis que l’armée a pris le pouvoir.

poste de police jaunes 2008
poste de police jaunes 2008

Désormais la Thaïlande ressemble à ces pays où il ne fait pas bon vouloir exprimer une parole différente de celle du pouvoir, presque comme en Corée du Nord même si la communauté internationale reste encore assez frileuse sur la comparaison. Car en Thaïlande à présent, impossible de former une réelle opposition politique démocratique sans risquer des peines d’emprisonnement.

Toute liberté d’expression est devenue complexe voire même risquée, la loi martiale a été décrétée soit disant pour le bien du pays. Mais c’est le peuple thaïlandais qui trinque : les médias sont contrôlés voire, pour certains journaux, fermés, les libertés civiques jugulées.

L’Europe doit agir pour rétablir la situation

Si l’Europe ne fait pour le moment pas grand-chose, elle dispose tout de même d’une certaine marge de manœuvre à ne pas négliger, économique comme politique ou diplomatique. A la manière du bras de fer aujourd’hui en cours avec la Russie, pour faire plier la junte militaire et la forcer à organiser de véritables élections démocratiques digne de ce nom, des sanctions économiques peuvent être appliquées et les négociations commerciales en cours doivent être interrompues.

Au-delà de la sphère économique, des pressions diplomatiques et politiques sont également possibles. Une suspension des visites d’officiels peut être prononcée pour resserrer encore un peu l’étau sur le régime dictatorial, tout accord politique bilatéral devant être suspendu.

En mettant ainsi la pression à différents niveaux, l’Europe peut à terme faire plier la junte militaire en la privant d’une partie de ses revenus. Une manière efficace qui permettrait alors de faire émerger une réelle opposition politique, de calmer les ardeurs du dictateur et d’installer une réelle démocratie dans un pays qui ne semble malheureusement plus beaucoup attirer l’attention de l’Occident.

http://blogs.mediapart.fr/blog/paul-ngn/100715/la-situation-en-thailande-exige-une-pression-de-leurope

Thaïlande : la mauvaise réputation des touristes chinois

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Touristes Chinois en Thaïlande

Des temples de Louxor aux hôtels parisiens, les touristes chinois ont acquis, à tort ou à raison, une solide réputation de gens aux mauvaises manières. Mais c’est peut-être en Thaïlande qu’ils sont le plus décriés. Avec près de cinq millions de touristes, la Chine représente cependant la plus importante manne financière pour la Thaïlande.

L’an dernier, certains touristes chinois ont été liés à une longue série d’incidents, photographiés ou filmés, puis répercutés sur les réseaux sociaux. Il y a eu toute une controverse à propos de l’utilisation inappropriée des toilettes à l’intérieur d’un temple bouddhique du nord de la Thaïlande. Le gérant du temple a même été jusqu’à interdire pendant une courte durée l’entrée du temple aux Chinois. Parmi les autres incidents, un Chinois qui frappe du pied une cloche dans un temple bouddhique – ce qui représente une très grave offense pour les Thaïlandais – ou encore, des demoiselles chinoises faisant sécher leurs sous-vêtements sur les sièges de l’aéroport.

Il existe un contraste assez frappant entre d’une part l’attitude culturelle en Thaïlande, qui, généralement met en avant le respect et la discrétion et, d’autre part, la décontraction bruyante des Chinois. Cela concerne souvent des atteintes à des lieux religieux, auxquelles les Thaïlandais sont très sensibles. Cela semble montrer, en outre, à quel point le bouddhisme est tombée en désuétude en Chine.

Le tourisme maintient l’économie thaïlandaise

Mais la contribution financière des touristes chinois à l’économie thaïlandaise étant significative, certaines actions ont été entreprises pour améliorer la situation. Les Chinois représentent désormais 20% des touristes en Thaïlande. Or, le tourisme est l’une des rares activités économiques qui se maintient dans le royaume. La junte thaïlandaise veut donc maintenir et même augmenter le nombre de Chinois visitant le pays, mais en limitant l’impact négatif. Parmi les mesures prises, la publication en près de 100 000 exemplaires d’une brochure distribuée aux touristes chinois, laquelle dit par exemple qu’il ne faut pas crier dans un lieu public ou qu’il faut enlever ses chaussures à l’entrée des temples bouddhiques.

Le gouvernement chinois s’est emparé du problème

Les autorités chinoises, bien conscientes du problème, ont aussi lancé des campagnes de relations publiques pour éduquer leurs citoyens sur l’étiquette à respecter lorsque l’on voyage à l’étranger. Quant aux récidivistes, ils sont l’objet d’un contrôle spécifique par Pékin. Beaucoup d’internautes chinois déplorent aussi la conduite de leurs compatriotes malpolis, lesquels, disent-ils, ne représentent qu’une minorité.

Les pays occidentaux ayant plus ou moins boycotté la Thaïlande depuis le coup d’État de l’an dernier, celle-ci s’est fortement rapprochée de la Chine. Économiquement d’abord, la Chine va construire un train à grande vitesse à travers le pays, mais aussi politiquement et même militairement, la marine thaïlandaise étant sur le point d’acheter trois sous-marins de fabrication chinoise.

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20150709-thailande-chine-chinois-tourisme-mauvais/ Avec leur correspondant à Bangkok,  Arnaud Dubus

Thaïlande: le chant protestataire Mo Lam face à la modernité et à la censure

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Mo Lam

chanteurs_de_mo_lamDans un sourire édenté de nonagénaire, Gaew entonne un chant Mo Lam: cette musique des campagnes de Thaïlande a su s’adapter à la modernité et se moquer des élites conservatrices de la capitale. Mais elle se retrouve face au défi de la censure militaire.
A l’origine, la musique Mo Lam avait été développée pour propager les croyances bouddhistes auprès des paysans analphabètes de cette région rurale pauvre de l’Isan, dans le nord-est de la Thaïlande.

Mais les paroles de ces chants traditionnels se sont au fil du temps chargées d’humour, se mettant à raconter histoires d’amours contrariées, difficultés de la vie à la campagne et remous politiques.

Aujourd’hui, une variante moderne de Mo Lam funk est populaire auprès des jeunes, au grand dam des puristes.

Mais les voix discordantes ont bien du mal à se faire entendre depuis un coup d’État militaire à Bangkok en 2014. En particulier dans le nord et le nord-est de la Thaïlande, cœur historique des partisans du gouvernement renversé de Yingluck Shinawatra.

«Le Mo Lam, c’est notre histoire, notre culture», ancrée dans le fait que jusqu’au siècle dernier l’Isan échappait au contrôle de la monarchie absolue thaïe, explique Gaew Sornthunthue, âgé de 96 ans.

«Quand j’étais jeune, j’ai appris la musique Mo Lam sous les arbres, dans les champs de riz, quand je surveillais buffles et vaches», ajoute-t-il dans le dialecte de l’Isan.

Pour les habitants de cette région qui émigrent par millions à Bangkok, en quête de travail, le Mo Lam incarne une identité régionale qui reste forte malgré une modernisation récente.

«Nous utilisons le Mo Lam pour parler, débattre, nous exprimer et réfléchir sur nos vies et nos traditions», explique Sarawoot Srihakot, professeur de musique du village de Gaew, voyant dans le chant Mo Lam l’ancêtre des télévisions partisanes actuelles.

Le village est situé dans la province de Khon Kaen, un bastion de la contestation contre une junte qui interdit les manifestations et a fait fermer la chaîne des Chemises rouges, puissant mouvement pro-Shinawatra.

Radios censurées

Ici aussi, les stations de radio des Chemises rouges ont été fermées, les dirigeants locaux contraints de se taire et les affiches de leur héros et mécène, le milliardaire et ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, déchirées.

Ce dernier a fait le choix de l’exil pour éviter de purger plusieurs années de prison pour corruption, après un coup d’Etat contre lui en 2006.

Depuis, le fossé culturel s’est élargi entre Bangkok et le nord-est du pays, qui représente un tiers de la population de la Thaïlande et reste largement acquis à Thaksin, qui a largement subventionné cette région pauvre et mis en place des politiques sociales populaires auprès des plus défavorisés.

Mais cette aspiration au changement lui vaut d’être haï par l’élite traditionnelle de Bangkok, dont l’armée, qui voit Thaksin Shinawatra et ses partisans comme une dangereuse menace pour la royauté.

Sa sœur Yingluck encourt dix ans de prison, le régime souhaitant briser durablement l’influence politique des Shinawatra.

Pour l’heure, les partisans des Shinawatra, y compris les compositeurs contemporains de Mo Lam, respectent la consigne de garder un profil bas.

Troubadours modernes

Jusqu’au coup d’Etat de 2014, les héritiers modernes de ces troubadours Mo Lam, ayant tronqué l’harmonica de bambou contre des guitares électriques, se faisaient largement entendre.

Les chansons vantant les vertus de Thaksin et tournant en dérision les élites conservatrices de Bangkok étaient alors diffusées en boucle lors des rassemblements des Chemises rouges ou sur leurs stations de radio.

Parmi ces chansons à succès, l’une, intitulée «Thaksin a été persécuté», déplorait que le putsch l’ayant renversé ait «emporté la démocratie».

L’influence politique de ce genre remonte à beaucoup plus loin, avec des générations de chanteurs payés pour promouvoir des candidats politiques dans les campagnes reculées.

«Le Mo Lam chante les malheurs (des paysans) depuis des siècles», explique Gridthiya Gaweewong, directrice artistique du centre d’art Jim Thompson de Bangkok, qui a organisé une rare exposition sur ce thème.

Mais les élites au pouvoir ont aussi détourné cette musique traditionnelle, notamment pendant la Guerre froide, pour lutter contre les idées communistes supposées gagner du terrain dans les campagnes.

http://www.20minutes.fr/monde/1683398-20150706-thailande-chant-protestataire-mo-lam-face-a-modernite-a-censure

Pourquoi le monde laisse t-il mourir les Rohingyas ?

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Pourquoi le monde laisse t-il mourir les Rohingyas ?

Ce vendredi, le « Sommet spécial sur la migration illégale dans l’océan Indien » s’est tenu à Bangkok, avec des représentants de 17 pays impliqués dans le processus de Bali sur la traite des êtres humains, des ONG, des observateurs (Japon, Suisse, USA). Une occasion de se frotter au cirque médiatique du hard news en Asie et de se faire une idée sur ce genre de rencontres internationales qui ponctuent l’actualité. Aussi, je voulais savoir s’il y avait une chance que le sort des Rohingyas s’améliore grâce à ce focus, après avoir visité Ranong, une des plaques tournantes du trafic de migrants dans le golfe de Thaïlande il y a quelques mois. La réponse est non, car tant qu’ils ne sont pas reconnus comme êtres humains avec des droits, rien ne changera.

J’arrive vers 15h30 à l’hôtel de luxe Anantara Siam, au coeur de Bangkok, ayant fait l’impasse sur le discours d’ouverture du ministre des Affaires étrangères le matin, plein d’expressions vaguement humanistes, disponible via ce lien (en anglais). Le message principal est qu’il faut se “partager le fardeau“. Environ 400 journalistes dont 100 caméras sont massés dans les salons du palace, par terre, dans les canapés, affairés à écrire leur histoire d’avance où il n’y aura plus qu’à remplir les blancs avec la petite phrase du Birman intransigeant, de l’Américain volontariste ou du Thaï placide, qui deviendra le titre de tous les articles du monde dans quelques heures grâce au pouvoir des agences de presse. La rencontre a lieu à huis-clos et il faut attendre la conférence de presse en fin d’après-midi pour boucler la journée. Je discute avec Phil Robertson, d’Human Rights Watch, machine médiatique. Tous les journalistes le connaissent et l’interviewent constamment sur les problématiques humanitaires d’Asie du Sud-Est car il sait tout et parle vrai. C’est lui qui a inventé l’expression “ping-pong humain” pour parler des bateaux de migrants rohingyas et bengalis que personne ne veut laisser débarquer sur son sol. Son organisation n’a pas été conviée à la discussion, les seules ONG représentées sont l’UNHCR (Haut-commissariat pour les réfugiés des Nations unies), l’UNODC (Agence des Nations unies de lutte contre les drogues et le crime) et l’OIM (Organisation internationale des migrations). Human Rights Watch n’étant pas en odeur de sainteté en Thaïlande à cause de leurs rapports sans concession, leur site internet est régulièrement bloqué par le gouvernement. Nous discutons les raisons qui font que personne dans la région n’est franchement disposé à aider ces migrants :

  • La Thaïlande est régie depuis un an par une junte militaire, arrivée au pouvoir il y a un an après le coup d’Etat perpétré par le général Prayuth Chan-o-Cha (Chroniques), et le pays ne jouit ni de Constitution, ni de droits civiques, ni de justice civile. Le Général, qui jouit lui de tous les pouvoirs, répète qu’il ne veut pas être au pouvoir et fait tout pour préparer sa sortie. La perspective d’élections recule toutes les semaines, la dernière annonce les place en septembre 2016. Dans ce contexte, un gouvernement qui se proclame haut et fort intérimaire ne ressent aucune envie ni responsabilité de s’engager sur ce champ, social, politique, humanitaire, aux conséquences à court, moyen et long terme.
  • Depuis les années 1970, la Thaïlande a été un pays d’accueil pour des centaines de milliers de réfugiés fuyant la crise indochinoise. Plus de 120 000 personnes issues des minorités ethniques ou de l’opposition politique, qui ont fui la Birmanie dans les années 90 lors du tournant nationaliste du pays aux mille pagodes, vivent toujours dans ces camps le long de la frontière (en bas de page). Une situation stagnante, mélange de misère, d’économie informelle, de blocage administratif, sévit dans ces camps depuis plus de 20 ans. Un schéma que la Thaïlande est peu pressée de répéter dans le sud avec les Rohingyas et les Bengalis.
  • La plus taboue des raisons est sûrement que des communautés entières et nombre d’officiels haut-placés en Birmanie, Bangladesh, Thaïlande, Malaisie tirent un profit phénoménal du trafic humain, comme l’a révélé Jonathan Head dans une enquête de la BBC qui part sur les traces de ce business, du port à la jungle. Un journaliste d’investigation bengali originaire de Cox Bazar, une des principales sources de l’exode, me confie : “Les circuits du trafic humain au Bangladesh sont les mêmes que ceux de la drogue -le yaba-, et les armes. Alors il faudrait faire tomber tout ça mais personne ne va mettre ses mains là-dedans.” Les arrestations médiatisées se multiplient à Ranong, ainsi que la découverte de camps mouroirs dans la jungle, où les trafiquants thaïs et malays enferment et torturent les migrants débarqués des bateaux pour faire payer une rançon de 2000 à 3000 $ aux familles au pays. Le même système dont sont victimes les Erythréens dans le désert libyen sur le chemin vers l’Europe, qui meurent fouettés dans des cases quand leurs proches ne peuvent pas payer.
  • Dernière raison, les Rohingyas sont musulmans et dans ce pays bouddhiste jusqu’à la moelle, à 94%, ils ne suscitent que peu de compassion. Surtout à cause du sentiment d’insécurité dû à l’insurrection qui fait rage dans le sud profond à la frontière malaisienne, depuis des années, invisible, brutale, entre l’armée et une guérilla musulmane muselée et massacrée. Au plus fort de la crise des boat people, les violentes réactions et la désinformation sur les réseaux sociaux sont incroyables. Un éditorialiste thaï se dit effrayé et triste par le manque de cœur de ses pairs dans une chronique largement partagée. En Birmanie, les Musulmans sont également soupçonnés d’être de potentiels terroristes, dans une armée qui n’existe pas (enquête The Intercept).
  • Aung San Suu Kyi reste muette, s’étant même attirée une remarque du dalaï-lama qui pense qu’il faudrait peut-être dire, et pourquoi pas faire, quelque chose à un moment. Les Rohingyas sont considérés comme la minorité la plus persécutée au monde par l’ONU et toujours aucune réaction de la part du Prix Nobel de la Paix sur le traitement qui leur est réservé dans l’Etat de Rakhine (reportage en Birmanie). Peut-être après les élections, prévues en novembre ?
  • Le Bangladesh prévoit tout simplement de déplacer tous les Rohingyas qui vivent actuellement dans des camps le long de la frontière birmane sur une île dans la baie du Bengale, Hatiya Island. Il y a quelques jours, Sheikh Hasina, la Première ministre a qualifié les Rohingyas de “malades mentaux” dans une intervention publique. En 2012, elle a déclaré à Al-Jazeera qu’ils n’étaient “pas de sa responsabilité” et que le Bangladesh était déjà “un pays surpeuplé“.

Le contexte étant posé, revenons-en au sommet, qui se finit avec une heure de retard “à cause d’un problème de photocopies de documents“, à savoir le résumé des décisions de la journée. Je ne trouve pas le stand censé distribuer les accréditations presse, aucun officiel dans les couloirs, le personnel de l’hôtel ne sait pas. Je demande à un groupe de jeunes journalistes thaïs, ils me tendent sans hésiter le badge d’un de leurs collègues, un simple bout de papier où est inscrit “Presse” en anglais et en thaï : “On en a eu trop, pas de souci“. La rédactrice TV, une jeune fille musulmane originaire de Bangkok, porte un voile blanc à dentelles. Elle me demande ce que je pense de la situation et de la haine de l’islam, je lui dis que ce n’est pas propre à l’Asie car ce que j’ai entendu en Thaïlande, je l’ai entendu dans la bouche de Grecs, Français ou Allemands à propos des migrants maghrébins et sub-sahariens en dérive dans la Méditerranée. Je l’ai entendu au bar mais aussi à des tribunes politiques car après tout, la religion n’est qu’un prétexte accepté dans un monde qui recrache ses pauvres hères ayant le malheur de cumuler indigence et peau trop sombre.

Peuple Rohingya Déplacé État De Rakhine
Peuple Rohingya Déplacé État De Rakhine

Ne pas froisser les Birmans

Toute la journée, les participants ont bien veillé à ne pas prononcer le mot Rohingya pour ne pas froisser les Birmans, pour qui c’était une condition de leur participation. Ce peuple, 1,3 million de personnes, n’est pas reconnu officiellement et n’a aucun droit. Le matin ils ont déjà été échaudés par la remarque de Volker Türk (UNHCR) qui a mis sur la table subtilement la question de la citoyenneté. U Htein Lin, chef de la délégation birmane, a rétorqué : “Nous pointer du doigt ne mène nulle part. Vous devriez être mieux informés à l’ONU”. Ambiance.

Après le sommet, place à la conférence pour les journalistes, menée par deux interlocuteurs l’un après l’autre. Norachit Sinhaseni, secrétaire permanent auprès du ministre des Affaires étrangères de Thaïlande, répond aux questions de façon laconique : “Comment pouvez-vous nous convaincre que ce meeting n’était pas seulement cosmétique, au vu du peu de résultats ?” – “Je n’ai pas à vous convaincre de quoi que ce soit, un meeting n’est pas un miracle” / “Combien de migrants sont toujours en mer ?” ” Nous ne savons pas exactement, c’est difficile de faire la différence entre les bateaux de pêche et ces embarcations qui transportent des gens” / “Les Birmans sont-ils d’accord avec les conclusions du sommet ?” – “Ils ont signé le papier”… Il ne faut pas oublier que nous sommes dans une région dirigée par des régimes autoritaires et que c’est déjà considéré comme une bonne chose que ces gens se soient réunis et encombrés d’un compte-rendu à la presse. Comme le souligne l’ONU, qui salue poliment “un début positif“. Puis Anne Richard, pour la délégation américaine, prend le relais. Elle a l’air d’avoir pris les choses en main et se risque pour la première fois de la journée à prononcer le mot “Rohingyas” en répondant à une question. Elle dit aussi “Les migrants ne devraient pas être pris pour des criminels et devraient être autorisés à se déplacer légalement”.

Américains et États-Unis

Les Américains sont désormais autorisés à utiliser les bases aériennes thaïes, ce qui était sujet à controverse pour une question de souveraineté et d’ingérence, ainsi que l’aéroport de Subang en Malaisie, pour lancer des opérations de recherche par air et en mer. Les Thaïs annoncent mettre en place des plate-formes flottantes et campent sur leurs positions : de l’aide d’urgence en pleine mer (nourriture, eau, gasoil) mais plus de débarquement sur ses côtes, même si les migrants ne veulent plus continuer le voyage au vu des conditions. La Malaisie et l’Indonésie acceptent d’accueillir quelques milliers de migrants sur leur territoire pendant un an, en plus des 3000 déjà débarqués lorsque la Thaïlande a brutalement changé sa politique il y a quelques semaines. Le pays a alors repoussé tout bateau porteur d’humains trafiqués, après le scandale de la découverte des camps mouroirs dans la jungle du sud.

Les États-Unis annoncent un don de 3 M US $ à l’OIM, sur les 26 M US $ requis pour gérer la crise ainsi qu’un projet de relocalisation permanente de milliers de Rohingyas sur son territoire, rappelant qu’ils accueillent plus de réfugiés tous les ans que tous les pays réunis (70 000 environ). Mais pour ça, il faut que les agences internationales aient accès à ces migrants, qui doivent vivre dans des conditions décentes, pour pouvoir faire le “tri” entre réfugiés économiques, demandeurs d’asile, réfugiés politiques, etc. Souvent un réfugié économique, qui a traversé la frontière illégalement de son plein gré devient une victime de trafic humain lorsqu’il est kidnappé et doit verser une rançon sous peine de disparaître dans une fosse commune de la jungle tropicale. Pour démêler ces destins, les autorités doivent collaborer honnêtement avec les partenaires humanitaires mais le dialogue est encore difficile, la plupart de ces pays n’ayant pas signé la Convention relative au statut de réfugié. Surtout, la confusion est largement entretenue car la communauté internationale a bien plus de devoirs envers un réfugié politique qu’un réfugié économique. Il est plus commode d’étiqueter tout le monde “pauvre migrant à la recherche d’un travail” que “personne en danger de mort à cause de son origine” car sinon il faudra commencer à avoir des discussions diplomatiques sérieuses dont personne ne veut. Un processus de relocalisation est une solution à long-terme qui prend au moins un an, mais pour l’heure il faut mener activement des recherches. Phil Robertson réagit dans le Los Angeles Times : “Le problème, c’est qu’en cherchant, on trouve et ces pays veulent bien participer mais préfèrent que ce soit le voisin qui trouve les bateaux plein de migrants car c’est lui qui en sera responsable. C’est comme une chasse aux oeufs de Pâques où personne n’a envie de trouver les œufs”. 

Le fossé entre ce qu’attend l’opinion publique “éclairée”, les victimes, les médias, et le peu de réponses apportées est gigantesque face à ce nouveau drame de boat people. Les opérations de secours se mènent à reculons, après une grosse pression internationale et à part l’Australie qui a annoncé verser quelques millions de dollars à l’État de Rakhine en Birmanie et Cox Bazar au Bangladesh, personne n’a vraiment voulu se pencher trop près sur “les causes de l’exode“. Il faut sauver ces milliers de gens, coincés en mer, emprisonnés dans la jungle, Rohingyas, Bengalis, maintenant. Puis mettre au point des circuits de migration qui ne les condamnent pas inévitablement à l’exploitation et la misère, en faisant tomber des têtes et des réseaux. Enfin rendre leur contrée d’origine plus supportable, politiquement, culturellement, économiquement pour éviter que ces dizaines de milliers de personnes se jettent faute de mieux sur l’infernale route de l’exode.
Toutes ces mesures sont inscrites noir sur blanc dans les conclusions du sommet mais au vu de la réalité des négociations, qui va vraiment vérifier qu’elles soient vraiment appliquées par quiconque, une fois les lumières du show éteintes ?

Pour aller plus loin :

Témoignages de migrants rohingyas recueillis par Human Rights Watch

Le communiqué d’Amnesty International avant le sommet qui appelle à une action immédiate.

Un reportage du Time auprès de Rohingyas réfugiés au Népal, qui préfèrent rester dans un pays violemment fragilisé par le séisme du 25 avril plutôt que rester en Birmanie.

“Nous les innommables – Un tabou birman” : Le livre de la journaliste Sophie Ansel, spécialiste du sujet.

Paru sur Mediapart

Thaïlande : la junte prolonge la loi martiale

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Les élections législatives en Thaïlande, qui devaient avoir lieu l’an prochain, ont été repoussées à 2016, a dit jeudi le vice-Premier ministre et ministre de la Défense du gouvernement militaire au pouvoir depuis le coup d’État de mai dernier.

Selon Prawit Wongsuwan, des éléments hostiles à la junte, qui s’est auto-baptisée Conseil national pour la paix et l’ordre, sont l’une des raisons justifiant ce report. “Nous serons en mesure d’organiser des élections aux alentours du début de l’année 2016 une fois que la Constitution aura été ébauchée”, a déclaré le vice-Premier ministre à des journalistes. “Pour l’instant, il y a des éléments opposés au Conseil national pour la paix et l’ordre.” “Nous ne demandons pas grand chose. Juste un an pour résoudre les problèmes passés”, a ajouté Prawit Wongsuwan.

Le chef du gouvernement, Prayuth Chan-ocha, avait déjà laissé entendre que les élections ne se tiendraient pas comme prévu à la fin 2015. La semaine dernière, la junte a également annoncé que la loi martiale ne serait pas levée dans un proche avenir, contrairement aux promesses initiales de la lever dans certaines provinces pour favoriser une reprise du tourisme.

L’armée a justifié son coup d’État du 22 mai par la nécessité de rétablir l’ordre après six mois de violentes manifestations des “chemises jaunes” royalistes qui ont eu raison de la chef du gouvernement Yingluck Shinawatra, arrivée au pouvoir par les urnes.

Ce putsch est un nouvel épisode dans la crise que connaît le pays depuis une décennie et qui oppose d’une part les “chemises rouges”, partisans de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, frère de Yingluck renversé par l’armée en 2006, et d’autre part la classe dirigeante royaliste “chemises jaunes”.

Selon l’organisation Human Rights Watch, la Thaïlande “semble être tombée dans un puits sans fonds”. “Six mois après le coup d’État, les critiques font systématiquement l’objet de poursuites, toute activité politique est interdite, les médias sont censurés et les dissidents jugés par des tribunaux militaires”, écrivait cette semaine HRW dans un rapport.

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Hong-Kong : les anti-occupy imbéciles !

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Il s’est passé ici quelque chose d’assez drôle. Un groupe d’anti-Occupy (même si le mouvement s’appelle maintenant ‘Umbrella revolution’, puisqu’il déborde de loin le premier mouvement ‘Occupy Central with Love and Peace’ organisé par des universitaires, ceux qui sont contre s’appellent eux-mêmes encore ‘anti-Occupy Central’) sont venus manifester à la Chinese University pour demander la démission du patron de l’université.

Il s’agit de Joseph Sung, un médecin qui a joué un rôle important pendant l’épidémie de SRAS et que TOUT LE MONDE respecte et aime (c’est un très bon calligraphe en plus).

Or, le titre des patrons d’université à Hong Kong est ‘vice-chancelor’, celui de ‘chancelor’ étant un titre honorifique réservé au chief executive (et au gouverneur pendant l’époque coloniale). Ces abrutis d’anti-Occupy, montrant bien le niveau d’ignorance et d’imbécilité général qui règne dans leurs rangs, exigeaient la démission du ‘chancelor’ de l’université. Ils étaient entourés d’un énorme groupe d’étudiants qui ont tout de suite approuvé, applaudissant bruyamment à l’idée que CY Leung (Leung Chun-ying) démissionne de son poste. Ne comprenant pas la gaffe qu’ils venaient de faire, les anti-Occupy étaient très contents, et un peu surpris, de se voir approuvés par ceux qu’ils prenaient pour des ennemis. Très désolé d’avoir loupé ça ! le campus est immense, mais c’est passé sur Facebook.occupy hong-kong

Il y a une semaine des fuites ont révélé que CY Leung avait reçu d’énormes pots-de-vin d’une firme australienne. Bien sûr il s’en défend en essayant de montrer que tout est très légal (le conseil législatif vient de rejeter la possibilité d’une enquête, les fumiers !). Mais tout le monde pense que cette ‘fuite’ a été provoquée par Pékin, ça leur permettrait de lui demander de partir en sauvant la face : s’il est corrompu, c’est exactement le genre de personnes que Xi Jinping veut pourchasser, et le parti communiste pourra satisfaire au moins une demande des manifestants sans avoir aucune raison de vraiment parler de démocratie.

Ma crainte : s’ils arrivent à faire partir CY Leung de cette façon et que les manifestations continuent (et comme le problème est bien plus grave que CY Leung : son départ ne résoudra ni le problème de la démocratie, ni celui structurel du choix d’une économie purement néolibérale qui a créé tant d’inégalités et de souffrances ici), ça pourrait aussi donner à Pékin une excuse pour faire intervenir l’armée populaire de libération. Et si cela arrive, ce sera Tiananmen à nouveau. Mais j’anticipe et je noircis : s’ils font ça, c’en sera fini de Hong Kong et de tous les immenses avantages que l’ancienne colonie pourvoit à la Chine en général et à ses milliers de fonctionnaires corrompus.

Autrement, aucune accalmie entre la police et les manifestants, la police recommence à utiliser les ‘pepper spray’, à tabasser et à arrêter n’importe qui (ils ont même arrêté une journaliste américaine de Fox News qui prenaient des photos debout sur une voiture ; honnêtement, connaissant Fox News et leur position politique, ça appartient à l’une des pires personnes du monde, Rupert Murdoch, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire).

Peut-être un petit petit espoir : le gouvernement a accepté de s’asseoir et discuter avec les manifestants. Ils ont demandé un médiateur qui est le représentant de tous les vice-chancelor des universités. On verra, mais la dernière fois que le gouvernement a accepté de parler, ils ont tout de suite rompu leur promesse et ont reporté à une autre fois. Impossible de leur faire confiance, et de toute façon ils ont déjà annoncé que le ‘framework’ défini par le ‘National Party’s Congress Standing Committee’. Aucun véritable espoir donc.

Frank Vigneron sur le blog de Paul Jorion

Hong Kong: les autorités fixent l’ultimatum à lundi

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Les activistes pro-démocratie de Hong Kong ont jusqu’à lundi pour se disperser ; sinon, les forces de l’ordre interviendront. C’est le dernier utimatum envoyé aux manifestants par Leung Chun-ying, à la tête de l’exécutif local, lors d’une intervention télévisée. Si les étudiants n’obéissent pas, les autorités prendront alors « toutes les mesures nécessaires », a-t-il menacé.

Les manifestants semblaient dimanche toujours aussi déterminés, après deux journées d’affrontements avec des contre-manifestants, certains soupçonnés d’être liés à la mafia chinoise. Ils réclament la démission du chef de l’exécutif local et le retrait d’une réforme électorale qu’ils considèrent antidémocratique. Samedi, ils ont tendu la main aux autorités pour ouvrir de nouvelles discussions.

Cité par l’agence de presse Associated Press, Peter Mathieson, le président de l’université de Hong Kong, a exhorté les étudiants à quitter leur campement d’Admiralty, situé non loin des ministères, d’ici lundi : « Je formule cet appel du fond du cœur, car je pense vraiment que si vous restez là, votre sécurité est menacée. S’il vous plaît, quittez les lieux. »

De son côté, Le Quotidien du peuple, qui renseigne sur la position officielle du régime chinois, fustigeait dimanche dans son éditorial relayé par Le Monde, ce mouvement qui « attise les oppositions sociales, détruit les terrains d’entente entre les divers groupes de la société (hongkongaise), ce qui débouche sur un grave climat hostile ».vue des manifestants hong-kong

source : Mediapart