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Truc Phuong femme de chambre : rencontre

Truc Phuong femme de chambre

Truc Phuong femme de chambre : rencontre

Le plus souvent le sourire aux lèvres, des belles dents légèrement irrégulières qui ajoutent à son charme, des yeux assez grands peu bridés, mince (peu de gros au Vietnam), moins d’un mètre soixante.

Elle fait ma chambre tous les matins. Au fil du temps son sourire se fit plus persistant en me croisant, je lui rendis volontiers. Finalement je crois que c’est elle qui m’adressa la première la parole avec son peu d’anglais. Puis un jour je la vis se percher sur un palmier… et m’en rapporter quelques feuilles arrachées où étaient accrochées des drôles de choses, le tout étant joli, que je touchais et qui bougea : c’était des cocons de papillons. J’en fus vivement touchée.

Puis elle vint s’asseoir a côte de moi parterre,

moi dans une chaise longue. On « bavarda » de choses et d’autres, elle avec ses dix mots d’anglais, dans ce cas le mime est très utile. Puis elle prit l’habitude de me surprendre par derrière, ce qui me faisait sauter, puis nous riions, et reprenions nos échanges.

Je lui demandais son âge : 19 ans.

Avait-elle un « boyfriend » ? : non.

Pensait-elle au mariage ? : non.

Quelles sont ses heures de travail : 6 H- 16 H,

déjeuner sur place à 11 h,

et retour a la maison en motobike.

Je n’osai jamais lui demander son salaire. Je lui dis mon âge, elle me fit un mime de peau du visage qui descend normalement à mon âge et que ce n’est pas mon cas.

Toujours j’étais entrain de lire, curieuse elle regardait. Un jour je lui montrais un titre qui contenait le mot “Chine”, elle comprit, dedans quelques photos de Chinois pauvres, des usines en démolition, elle s’attarda surtout sur celle qui montrait des femmes jeunes en usines.

Elle a douze chambres en responsabilité :

A 6 heures elle commence par arroser un peu le jardin le temps que les touristes se lèvent. Truc Phuong pose son chargement de draps et d’oreillers sur un banc. Elle change les draps et la serviette environ tous les deux jours, enlève le sable avec un petit balai vietnamien puis en passe un autre, humide. Elle met les draps et serviettes dans des machines, derrière l’hôtel, les fait tourner, puis étend le linge une fois sec.

C’est elle qui a aussi la responsabilité du sol du jardin en bambou devant l’ensemble des chambres d’environ 5 mètres de profondeur sur 50/100 m. Les arbres sont entretenus par un homme. Elle replante des pousses dans les endroits « usés », elle arrose une à deux fois par jour à l’aide d’un tuyau.

Tout ceci laisse pas mal de temps pour bavarder et rire avec ses collègues, ou une touriste, car je ne l’ai pas vu en faire autant avec d’autres.

Depuis quelques jours je faisais des calculs de pourcentage

relatif a son salaire supposé pour savoir quoi lui donner comme pourboire avant de partir. J’aurais préférer lui offrir une paire de boucles d’oreilles par exemple, car un objet ça se garde, rien de semblable ici.

Finalement ce matin, le dernier, je mis dans ma poche de short quelques Dongs. Hier elle m’avait dit qu’elle était triste que je parte. Puis la voila : on se dit « goodmornig, how are you », et elle me tend une petite poche plastic jaune qui contient deux photos : une d’elle et une autre où est écrit « I love you », au dos de sa photo plein de décors et de mots doux en anglais. Je suis très touchée, je ne m’y attendais pas. Je lui glisse l’argent dans la poche de son jean. J’ouvre ma valise à la recherche d’un objet pour elle, rien. Elle me répète qu’elle est triste que je parte. Je finis par avoir l’idée de lui proposer une photo d’identité de moi, que j’ai en réserve au cas… elle accepte et je lui écris mon prénom au dos.

Elle « m’explique » qu’elle peut, vu mon âge, m’appeler « Maman », ce qu’elle fait

C’est une tradition vietnamienne (peut-être chinoise aussi, en tout cas je ne l’ai pas vu en Thaïlande) qu’une personne jeune qui a de l’affection et du respect pour un/une “ancien/ne” l’appelle “Maman” ou “Papa”.

Elle sort chercher son ramasse-poussière, revient, sur la tête un vieux chapeau conique tout effiloche, c’est la première fois que je lui vois, d’habitude elle porte une casquette. Voyant son état je prends le mien tout neuf et lui donne, elle est contente et ne le quitte plus. Elle me demande de rester ici, je ne sais que lui répondre, finalement je lui explique que je veux voir tout le Vietnam, et que quand j’étais jeune j’étais contre la guerre et que j’ai vendu le Courrier du Vietnam sur les marchés de Paris…. et que j’ai vu Cu Chi et que je veux voir la DMZ à Hué, elle ajoute « et Haiphong ». Nous avons encore quelques heures, je vais essayer de la prendre en photo.

Deux années plus tard

Tout ceci s’est passé en hiver 2007 comme l’indiquent les photos.

Puis j’ai beaucoup pensé à mon séjour à Mui Ne et à Truc Phuong une fois rentrée en France. Quand j’ai pu retourner au Vietnam en 2009 j’avais projeté d’y retourner. Malheureusement l’hôtel n’existait plus et donc aucun moyen de retrouver Truc Phuong. Il m’arrive de repenser à elle et à Mui Ne avec nostalgie.

Truc Phuong femme de chambre
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