L’avenir du Vietnam en suspens

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Qui pour diriger le Vietnam dans les cinq prochaines années ? Normalement cette question est résolue plusieurs mois avant le congrès national du PCV. Sauf que celui qui se déroule depuis le 21 janvier déroge à la règle car d’importants désaccords font rages au sein du parti communiste, quant à la ligne à tenir pour diriger le pays, tant politiquement qu’économiquement.

Conservateurs contre réformistes

C’est la grande tâche des 1 500 délégués du parti communiste réunis à Hanoï pendant une semaine : nommer le triumvirat qui devra gérer le Vietnam pendant cinq ans, à savoir le Secrétaire général du PCV, le Premier ministre et le Président de la République. Cette année, contrairement aux précédents congrès, deux lignes s’affrontent : les réformateurs du Premier ministre Nguyen Tan Dung face aux conservateurs du Secrétaire général du PCV, Nguyen Phu Trong.

Considéré comme pro-occidental, l’actuel Premier ministre, au pouvoir depuis 2006, lorgne sur le poste supérieur, celui occupé par son adversaire. Sa ligne très anti-chinoise a notamment permis au Vietnam d’intégrer le jeu de l’économie mondiale, avec pour l’exemple l’adhésion du pays à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) ainsi qu’au partenariat Trans-Pacifique (TPP), mené par les États-Unis. Mais si sa vision pour le futur du pays est grandement partagée par les milieux économiques, Dung traîne quelques casseroles, tant sur son implication dans les grands groupes d’État, que sur les passe-droits accordés aux membres de sa famille.

En face, Trong est partisan de la ligne forte qui domine aujourd’hui au Vietnam. Soutenu par la vieille garde du parti communiste, il conserve la confiance de Pékin mais surtout dispose d’hommes de confiance, qu’il a lui même placé, aux principaux postes clefs du parti. Problème, la limite d’âge pour accéder au poste, dans son cas se maintenir, est fixé à 65 ans. Or le Secrétaire général est âgé de…71 ans.

La pression des puissances étrangères

Il est évident que le choix entre les deux adversaires aura des conséquences sur les relations internationales du pays. La Chine ne veut pas perdre un allié, notamment vis à vis de ses prétentions en mer de Chine, et a accrue la pression sur l’ensemble des dirigeants communistes vietnamiens pour écarter Dung, considéré comme particulièrement critique.

Les États-Unis et les pays occidentaux estiment eux, que la mise à l’écart de Duong serait fortement préjudiciable, ce dernier ayant lancé plusieurs réformes d’inspirations libérales, qui pourraient donc être remises en cause. Sur la question des droits de l’homme, l’actuel Premier ministre est aussi celui qui pourrait inverser la position très rigide du pays, même s’il est aujourd’hui le chef d’un gouvernement ne s’embarrassant pas des dissidents et des blogueurs hostiles au régime.

Toutefois, plusieurs observateurs estiment que Trong aurait actuellement une ligne d’avance sur Duong dont le nom ne figurerait même pas sur la liste des candidats pour les plus hauts postes. Le flou reste donc total pour le Vietnam, son avenir politique et économique.

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